LA REVUE SOCIALISTE sent les influences les plus simples; les autres ont plus de ressources, plus de \'ie. ils s'adaptent à des circonstances plus nombreuses, plus spéciales: leur existence est moins simple, leur formation est plus longue: leur mort exige plus de complications. Les sociétés sont donc d'aut;nt plus Yiables qu'elles savent s'élever à des formes plus complexes et plus spéciales. facilitant leur adaptation continuellt>, rétablissant leur équilibre instable de manière à ne pas être à la merci d'un:c: perturbation élémentaire. " Il n'y a pas de raison pour qu'une société pacifique, laborieuse, ou la circulation des richesses est bien répartie, où la vie familiale. emotionnelle, intellectuelle et morale progresse et s'épure, où lajustice de,·ient de plus en plus la règle de l'activité sociale et où la politique enfin n'est que la régulatrice suprème des grands intérêts sociaux exactement représentés et se gouvernant librement eux-1ï1êmes, péris::, accidentellement ou naturellement. Au contraire, se développant régulièrement au point de \'UC de la masse, se différenciant de mieux en mieux dans ses parties, coordonnant ces dernières dans des organes locaux. régionaux et internationaux de plus en plus éle,·és, une telle société peut défier la mort: sa longévité indéfinie, finit par se confondre avec celle de l'espèce humaine et de ses conditions terrestres. ,, En cela. la Yie sociale se distingue de la vie animale ordinaire, et aussi en ce que les sociétés étant composées d'unités sensibles et conscientes. bien qu'à des degrés di,·ers, elles ont le pou\'oir dans les limites naturelles, d'abréger ou d'augmenter spontanément le cours de leur existence: leur Yie et leur mort sont, dans ces conditions, entre leurs mains. ,, Pour bien saisir toute la portée de cette méthodologie sociale, il faut relire les deux intéressants volume d' l11trodl!ctio11 à la Sociologie ( 1): c'est là qu'on voit l'application de ces règles générales qui peuvent paraître d'abord un peu abstraites, mais qui ne tardent pas ainsi à de,·enir men·eilleusement fécondes dans le domaine si complexe, déjà si riche, de la sociologie descriptive, et resté encore si peu exploité au point de nie d'une conception vraiment scientifique du déterminisme social, indispensable, cependant, pour qui veut réellement -comprendre les 101ssociologigues et se rendre compte du mouvement irrésistible qui entraîne les scciétés modernes vers une modification profonde de leur assiette économique et de leur constitution morale et politique. De tous côtés les documents s'accumulent, les faits s'entassent et se groupent: dès maintenant nous ne pouvons plus mettre en doute la (ï) Introduction à la Sociologie par Guillaume de Grecf, 2 vol. /\layolcz, Bruxelles; Alcan, Pari,. et à la Revue Socialtste, Cet ouvage déja analyse dans la Revue socia/,sfe,_ par G. Rouan et, en janvier 1890, doit ètre consulté et médité par tous ceux qu1 désirent se faire une concept1011 vraiment scientifique de l'organisation sociale.
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