LES LOIS SOCIOLOGIQUES -455 <le vie, c'est-à-dire la genèse et le mécanisme de son orianisation. Pour nous, ce que de Greef coniprend sous la dénomination de territoire, nous semble constituer le milieu nutritif social, analogue et corrélatif du milieu nutritif des organismes vivants; de cette façon. nous impliquons davantage la connexion, la dépendance continuellement croissante entre chaque corps social et ses conditions économiques, proportionnellement à son degré d'organisation, c'est-à-dire de perfectionnement. Nous ramenons ainsi la conception de la vie soi.:iale à deux grandes classes de phénoménes : la socialité qui CO'.Tcspond à la Yitalité. et comprend tout k domaine organique de la nutrition. de la reproduction et du développement du corps social, et la sociabilité qui répond à la sensibilité et embrasse toutes les relations proprement dites sociales entre les membres d'une même société, c·est-a-dire tout le dom:1ine psychique, moral, politique, contractuel. Ce n'c:,t du reste qu'une questioa de nuance dans la conception des fondements de l'organisation sociale, car nous retrouvons au chapitre VIII des considérations fort intéressantes sur les lois sociologiques pro~ressives et régressives qui montrent bien que, comme nous, de Greef attribue :1ux lois sociologiques une origine et un caractère organiques. C'est ainsi que dans son /11lrod11ctioàu la Sociologie, il établit un parallèle entre les fonctions sociales et les fonctions organiques. et montre qu'en ,< sociologie, comme en biologie, les fonctions et les organes sont à la fois déterminés par leur correspondance a,·ec le milil.!u ambiant, leur transmission par hérédité et leur acquisition par le développement propre du groupe et des individus (p. 90) ,,. C'est bien la loi d'organisation et d'adaptation dont nous faisons dépendre l'é\'C>lution sociale aussi bien que l'évolution organique . .. Les sociétés progressent et rég-ressent suivant des lois nécessaires dont nous venons de donner un faible aperçu. Insistons cependant sur ce point commun à la sociologie et à la psychologie. que toute décadence des formes et des fonctions supérieures voile généralement une lésion plus ou moins grave des formes inférii:ures. C'est ainsi que les dégénérescences psychiques sont déterminl!es par des lésions anatomiques, En sociologie, les troubles politiques, juridiques. moraux, philosophiques, artistiques, familiaux, réYèlent le plus souvent de graves perturbations économiques, lesquelles à leur tour peuvent ètre en rapport avec des troubles psychiques et une décadence biologique graves; dans ces derniers cas, la vie même de la société, en général, est en péril. ,< Les sociétès peuvent donc se déformer et mourir suivant certaines lois, de même qu'elles progressent et naissent suiYant des lois, également naturelles. Dans les sociétés, comme chez les animaux. le degré de vie varie avec le degré de correspondance. Parmi les animaux d'organisation inférieure, la mortalité est énorme; ils subis-
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