La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LES LOIS SOCIOLOGIQUES 44ï mais aussi par une coopération naturelle dont l'influence bienfaisante ne fait que croitre avec les progrès de la civilisa"tion. ~-(p. 44). «Tous les rapports imaginables entre les phénomènes quelconques se réduisant en fin de compte à des rapports soit de similitude, soit de différence dans l'espace ou le temps, il faut entendre par loi, au sens le plus général, les rapports constants de similitude et de succession qui existent entre les phénomènes de l'univers, inorganiques, organiques et superorganiques ou sociaux, « La réduction de ces lois au moindre nombre possible est la fonction de la généralisation et de l'abstraction. Q\.1and nous rattachons les faits particuliers à une loi générale, nous disons communément que cette loi est la cause de ces phénomènes particuliers; c'est là en réalité une expression vicieuse, correspondant à une conception métaphysique et, primitivement même théologique, des rapports qui unissent les phénomènes naturels. Ainsi, l'immense variété des phénomènes astronomiques et de ceux relatifs à la pesanteur des corps en général sont tous compris dans la loi de la gravitation universelle formulée par Newton. Cependant la gravitation n'est pas la cause de la chute des corps; cette loi exprime seulement le fait général de la tendance constante de tous les corps à se diriger les uns vers les autres, en raison directe de leurs masses et en raison inverse du carré de leurs distances. La cause n'est donc qu'un rapport plus ou moins constant et formulé d'une façon générale. Généraliser des rapports, dégager des lois, voilà les plus .hauts sommets scientifique que l'intelligence humaine peut atteindre: les causes premières et finales, la substance et l'absolu sont incognoscibles. » Par conséquent, la sociologie est l'étude des rapports les plus généraux de similitude ou différence, de coexistence et de succession auxquels nous rattachons les phénomènes particuliers, c·est-à-dire ,< quelle -.< est la philosophie générale des sciences.sociales particulières•>.(p. 49.) « Par cela même que la sociolog\e est la plus complexe de toutes les sciences, sa matière est susceptible d'un nombre considérable de -combinaisons; elle est donc, par excellence, une matière plastique, malléable, modifiable et perfectible. Nous pouvons, en agissant sur -certains facteurs sociaux, dans des conditions déterminées, surtout sur les facteurs les plus généraux et les plus simples, produire des phénomènes nécessaires, c'est-à-dire en rapport avec des lois observées, expérimentées, et permettant par conséquent la prévision scientifique du phénomène social dont la production ou la reproduction sont recherchées, Ceci constitue la méthode expérimentale proprement dite avec cette réserve, que dans ses applications aux phénomènes sociologiques, cette méthode est avant tout et doit devenir de plus en plus collective, être l'œuvre raisonnée à la fois des générations passées, présentes et futures. La méthode historique, essentiellement propre à la

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