LA REVUE SOCIALISTE A quelque école qu'ils appartinssent tous ont parlé dans le même sens, tous ont fait l'éloge de Malon, de l'ami à l'esprit supérieur, au cœur si bon, aux pensées si hautes, dont la tolérance était faite de bienveillance et de douce philosophie, tous ont parlé d'union en disant adieu à celui qui, lui aussi, réclamait l'union entre les difîérentes écoles socialistes et qui a tant contribué à ce qu'elle ait lieu. Tout est fini ... Pendant deux heures, malgré la pluie fine qui transperçait et le vent qui soufflait avec rage, plus de dix mille amis ont écouté les discours, tous emplis de reconnaissance pour l'apôtre, de vénération pour le maître, de tendresse pour l'ami, d'espérance aussi dans un prochain avenir que l'union entre les divers groupes rend de plus'.en plus certain. Et tous ceux qui ont assisté aux obsèques de Malon n'appartiennent pas à la foule anonyme et seulement enthousiaste; non, ceux-là sont des militants, des conscients, des dévoués, prêts à lutter aujourdï1Ui, à combattre et à vaincre demain. Malon n'est pas entré dans les << Chanaans promises » mais il nous a montré la voie, il a pu même, comme Moïse, entrevoir de loin la terre du bonheur humain : C'est à nous maintenant ses amis. ses frères, les enfants de son cœur et de sa pensée à réaliser ses espérances. Paule M1;,;1<. Ou joumnl de }011;.ac: ..... Bon. il l'était jusqu'à la faiblesse. n'ayant, comme dit s1 JUStement l'expression populaire, rien à lui. j'ai ,·u Malon, plus compatissant que le légendaire Saint-Martin. donner• non la moitié de son manteau, mais son manteau tout entier à un pauvre diable qui rayait relancé en son logis d'Asnières, et se trouver, le lendemain, insuffisamment Yêtu pour aller porter à Paris sa copie. Or, il souffrait déjà du mal qui de,·ait l'emporter. Ce n'est pas un, mais cent traits de ce genre que l'on pou1-r2.it citer. Aussi l'auteur du Socialis111ientégral a-t-il emporté non seulement la respectueuse estime. mais l'affectueuse sympathie et les regrets sincères de tout ceux qui l'ont approché. sans distinction d'opinion ou de classe. Ils sont rares les hommes de ce caractère. surtout en notre époque de stmgglc for lifc.11 si...:dde les saluer très bas, lorsqu'ils disparaissent. aYcc, au cœur, la profonde nanance d'être toujours en deuil de leur solide amitié. M.-J. LECOQ. Extrait du Midi R,j11bli~·ai11 ... Tous ::ivec r:i.ison ont m:1gnifié surtout d:rns flhlon 1':1pôti-c de l:i. BontJ.
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