LA MORT DE BENOIT MALON trouve une pièce de dix sous à la barriere du Trône. Il veut jouir de la vie, goûter du cidre et il se commande un festin : deux sous de cidre, quatre sous de pain, deux sous de fromage. A une table voisine de la sienne. il entend dire qu'on embauche à la teinturerie rle P11teaux et le voilà entré l:1corr-me homme de peine. Rentré chez lui après une journée de dur travail, l'ouvrier passe une partie de ses nuits à lire; il s'essaie à rimer et le souvenir des ancêtres est le premier sentiment qui inspire cette âme de paysan ; il compose un poème : V.:rcù,gélorix ! Un beau jour une grève éclate à Pute:iux; les ouvriers chargent Malon de la diriger, uniquement parce qu'il sait lire et écrire; il défend les inté1ùs de ses compagnons avec cette éloquence originale qui couic de source et qui s·arrtte brusquement dans un léger bégayement, comme ces sources intermittentes de l'Auvergne et du Forez qui, après une seconde d'interruption, se remettent à couler. Ce fut Tolain, qui devait plus tard tr::ihir ses fr~rcs et qui fut flétri par • eu>..,dans une réunion mémorable, de l'épithète de Judas, qui affili::i Malon à l'Internationale ... Ed. DRUMONT. De la LibreP 111 oie : ~1cllc sera l'influence des théories de celui qu'on a app:!lé le philosophe Ju parti socialiste ? C'est ce que nous avons demandé à notre .:onfr~re M. Eug~nc Fournière, qui fut le disciple chéri de Benoit Malon, avec qui il fonda, comme on le sait .Ja R,·vui: socialiste. L'influence de Benoit Malon, nous a dit Eugène Fournière, n'a pas été immédiate sur la direction du parti socialiste. Cependant, pour p:trler de résultats immédiats, c'est :1 lui qu'on doit l'adhésion aux doctrines socialistes d'une grande quantité de jeunes gens appartenant aux classes éclairées, étudiants, professeurs, etc., qui ne ser::iient pas venus à nous par la voie du parti ouvrier. C'est ég:ilement Benoit Malon qui contraignit à discuter le soci:disme des hommes en vue qui, jusqu'alors, lui ét,!ient demeurés indifférents ou l'avaient combattu sur ses ::ipparences un peu brutales et batailleuses. Benoit Malon a ainsi amené quantité de bons esprits à voisiner :ivec nos idées, et, dans le camp de nos adversaires, il a paralysé un grand nombre de .combattants. Pour nous, Malon a complété le socialisme. En plus des bases économiques du socialisme, Malon a en effet tenu it ajouter son complément naturel, négligé par l'école de Marx, aujourd'hui pré- .dominante dans le socialisme européen et nécessairement avant qu'il soit longtemps, le socialisme ne ser:i plus seulement une doctrine économique, maïs la doctrine même du développement social dans toutes ses parties économiques et morales. Du Voltaire : Hier, au pied de l:t statue de Moncey dont le grand sabre pointe vers les
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==