LA MORT DE BENOIT MALON ceux également qui profess.ent le socialisme humanitaire, il manifesta la satisfaction qu'il éprouvait et félicita surtout le parti ouvrier belge de, la réussite de ce grand Congrès de Bruxelles. Le parti ouvrier belge qui affectionnait Benoit Malon, le voit avec douleur disparaître, il le salue et conservera de lui un pieux souvenir, il est de ceux qui ont noblement servi la cause de la Démocratie socialiste internationale. LE PwrLE. DEUX MORTS. - CÉSAR DE PAEPE ET BENOIT MALON ~elle frappante analogie dans le caractère et la vie de ces deux hommes! Comme si la nature eût voulu rapprocher davantage ces deux intelligences faites pour se comprendre, ces deux grands cœurs faits pour s'aimer, notre regretté César et l'auteur du Socù7lisme illtégral, avaient entre eux une gr:inde ressemblance physique. C'était bien le même grand front dénudé où germèrent tant de pensées à b fois audacieuses et infiniment généreuses; c'étaient les mêmes yeux pleins de bienveillance et de commisération envers les humbles et les petits, c'était bien le même masque de souffrance que la maladie a imprimé sur leur face. L'expression plus énergique et plus décidée des traits de César de Paepe était compensée chez Malon par la physionomie rêveuse et douce dont le petit berger des bords du Lignon ne s'était pas dépouillé en deven:int l'un des plus grands écrivains du socialisme moderne. Tous deux sont morts sans avoir connu d'ennemis. Planant tous deux dans les régions épurées de la philosophie et de la science sociale, ils n'en poursuivaient pas moins un but positif, tangible pour tous, et adhéraient bien sincèrement à tout ce qui pouvait apporter un soulagement quelconque aux misères <les travailleurs. Chez eux, point de railleries à l'égard des timides et des pusil1:mimes n'osant attaquer de front l'ordre social existant; point d'imprécations et de colères contre ceux qu'un tempérament plus inquiet et plus bouillant et une combativité à l'excès poussent à marcher vers des solutions extrêmes. Disséquant et analysant toutes le~ doctrines sociales, ils en faisaient clairement ressortir les bienfaits et les inconvénients et leur opposaient la solution collectiviste qu'ils croyaient bien sincèrement être l'expression de la Vérité et de la Justice. ~e d'avanies n'eurent-ils pas à supporter dans cette longue lutte pour la libération de leur classe. Pauvres tous deux, ils parvinrent rapidement à s'initier à toutes les sciences humaines, tant était intense leur désir de connaitre, tant était grande leur volonté de savoir. Tel Linnée se faisant le savetier de ses camarades de l'Université d'Upsal pour pouvoir subsister. César de Paepe dut passer à l'imprimerie le~,a'.oisirs que lui laissaient les études. De son côté, Malon, l'ouvrier teinturier dut, son travail terminé, prendre en main le livre pour étudier, comme dit Jouy dans le 'R.._égimelldt es ouvriers. ~and ils eurent conquis une place - combien grande - dans les rangs des propagandistes socialistes, on vit ces deux autodidactes déployer toute l'activité dont ils avaient fait preuve pour acquérir la science, à la vulgariser
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