LA REVUE SOCIALISTE il vota la validation des élections complémentaires à la· majorité absolue des :suffrages, repoussa la création d'un Comité de salut public, et signa, avec la minorité, une déclaration d'abstention politique qui lui valut d'être dénoncé. A la rentrée des troupes, il fut caché par deux amis. Mais, ayant reparu dans son ancien quartier, il fut reconnu, place Rochechouart, par un ennemi politique qui ne le dénonça pas. Malon avait encore dans sa poche l'écharpe rouge des membres de la Com 111 une. 11 se réfugia ensui te 11 Geneve ( 1), oü i 1 fut successivement vannier, typographe, fardelier et oü il rédigea, avec Eudes, Lefrançais et Razoua, la R.:va11chi:,' dont le gouvernement helvétique interdit la publication en 1872. Le o' conseil de guerre l'avait par contumace, condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée. Malon erra sur le sol de l'étranger jusqu'à l'amnistie; il résida à Geneve, à Palerme, à Milan. En janvier 1870, le gouvernement italien le fit reconduire ~ la frontière suisse par une escouade de carabiniers. Cette expulsion motiva une interpellation de M. Cavalotti au ministre de l'Intérieur, M. Nicotera. Celui-ci répondit que Malon lui semblait particulièrement dangereux à cause de ses opinions internationalistes. Rentré en France, Malon co11abora à l' fotra11sigca11t et fonda la R,vut Socialis!t', des que sa santé lui permit de prendre une part active et militante aux congrès ouvriers et socialistes et à l'organisation politique du prolétariat. On lui doit plusieurs ouvrages, qui forment le code des socialistes frani;ais. Le Nom.!,:au parti, exposé historique des réformes que demande le parti collectiviste; le Parti ouvrii:r; Histoire du socialis111ed d,:s proh:tair.:s (~ vol.); Ma1111d d'éco110111i1s1ocialt!; le Socialis111,: réfor111ist,:; l'Agiotag,: dt 1815 à 1870; La Liquidalio11 sa11gla11/i:;éJvfouw111e1,timmobilier, fi11a11cieret i11dustrid d,: 1870 et 1871; Consfa!liÙ1 P.:cqumr d'.1près s,:s œuvres; Morak ,ori,1/.', ouvrage épuisé et qui va être réédité et précédé d'une étude biographique de Léon Clade) et d'une préface par Jean Jaurès; - et enfin son principal ouvrage le Sorialis11111intégral, qu'il était en train de refondre et de compléter quand la maladie l'a terrassé. De plus il s'est fait le traducteur du Capital et Travail, de Fernand Lassalle, et de la Q.!.1int.:ssmc,:du socialisme, de l'autrichien Schreftlé. Enfin, les cc Lundis socialistes», d'abord parus dans la 'Petiti1R,:publique Fr,111pise, puis refondus et reliés en un volume historique, théorique et pratique, à J fr. 50, sous le titre de Précis d,: Socialisme. L'auteur disait clans sa préface : Tels sont les progrès du socialisme, depuis ces dernières années, et si graves, les éventualités qui peuvent surgir d'un moment à l'autre, que jamais il ne fut plus urgent d'inventorier les systèmes, d'expliquer les situationsr d'analyser les revendications, de dégager les possibilités et de sérier les probabilités ... A chacun donc d'apporter son grain de sable : j'apporte le mien. Vétéran du socialisme révolutionnai1e, je dis par que11es réformes on pourrait prévenir les conflits sanglants. Ancien militant du socialisme ouvrier, je m'adre~se surtout à la Bourgeoisie, pour lui dire que le temps est passé oü elle ( 1) Si Malon échappa aux fusillades. cc fut gràce i1 la générosité de la famille d'un <:minent artiste dont il resta rami, le sculpteur Ottin.
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