LA MORT DE BENOIT MALON Le vroi n'est qu'un brillant mensonge, Avant l'éclosion <lu fait. Qyand sur la colline penchante Tu cueillais la rime qui chante, C'était Fourier qui triomphait. Grâce à toi, la foule a pu lire Le mot rayonnant et sacré Tout ce qu'un sublime délire Dictait au penseur inspiré. Le vttau d'or effaré chancelle; C'est la justice universelle Ql1i monte avec le flot humain. Le géni6, effrayant d'audace, A stmé l'aube dans l'espace: Elle se l<!vera demain ! Tu ne la verras point. Qy'importe? Nous lutterons, c•e~t notre tour. Si l'orage bat notre porte, Le drapeau flotte sur la tour. L'heure de la plebe est venue Dans les profondeurs de la nue, Par delà les soleils couchants, j'entends sur un monde en ruine Gronder la plainte de l'usine, Monter la révolte des champs. En marche, tous, tant que nous sommes! Debout! la semence a germé. Le Joug p~se sur tous les hommes, Tant qu'un seul homme e,t opprimé. Plus de p:iria ! plus d'entrave! Le salarié, c·est l'esclave: Nous briserons les derniers fers. L'éternel Adam qui proteste Reconstru i r:i !'Eden céleste Avec les maux qu'il a soufferts. Et lorsque l"œuvrc sera faite Contre la nuit et le passé, Nous rapporterons, doux prophète, Tout l'idéal réalisé : La terre féconde et bénie, Le devoir, la paix, l'harmonie, Les ramiers s:iuvés du vautour, La mort du crime et de la haine, Une seule famille humaine Dans le travail et dans l'amour!
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==