La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE nisme, c'est le culte de k1 vie cile-111è111ed,e la vie physique et morale. Lï1ygiene et la morale en forment les principaux éléments. « Ayez. dit clic, la « viè pour idéal, la vie saine, forte, honnde, bonne ;1vivre; aye1. en le respect, « le culte, parce qu'elle n'est qu'un dépôt que vous des appelé :1 transmett1è « int:1d :1 ceux qui viendront de vous, di111inucz vos chances de misere, de ccdouleur, de souffrance, soyez dè vrais hommes, de vraies femmes !... " Le moyen? 11est, avant tout, dans l'hygiène de l'enfance, dans le libre développement des facultés physiques, dans une recherche assidue des meilleurs systèmes propres ;1 fortifier le corps, à faire d'une belle s:1nté, d'un org:1nis111è robuste, les conditions d'une parfaite harmonie morale! Dans ce corps ainsi préparé, l'intelligence s'affinera, s:1ns obstacles. Les larges pen--ies, les principes de justice·et d'humanité, s·deveront aisément sous l'influence d"im sang généreux et :1vec l'aide d'une éducation progressive, exempte du pédantisme actuel, allant surtout éveiller chez l'enfant les sentiments de ses devoirs et dè ses droits, du respect de soi et des autres, de liberté. de dignité et de solidarité. Bien que Mme Maureil Parot ne se proclame pas socialiste. on ne peut dénier h son étuck une grande portée sociale. 11nous est tr~s agréable d'avoir à le constater! Car le socialisme compte sur l'influence de 1::1 femme, de 1::1 111 ~re éducatrice, pour préparer l'enfance aux rudes devoirs qui 1':1ttendent dans la vie. Si le D.:rnir d,· d,·111<1il1, tel que l'envisage Mme M:1ure:l Parot était compris et pratique brgcment, les premiers pas de 1:t jeunesse dans l\:xi<;tence soci:ik scr.iicnt suivis av...:cmoins d'anxidé et nous attendrions avec impatience la maturité d'une génér;:tion que nous saurions prête :1 tous ses devoirs, armée pour toutes les diflicultés et résoluè :1 tous les sacrifices pour le triomphe du bien commun. Raoul DEI.ONS. Bibliothèque de philosophie contemporaine - La Q1:es!io11 ,o,i.1I,· c,l 1111:q11,·.,tio11 11or,rl,·, par Th. Ziegler, 1,rofcsseur de philosophie :1 l'Université de Strasbourg, traduite d'apr~s la quatrième édition allemande, p:1r G. Palante, professeur de philosophie au lycée de Saint-Brieuc. - Chez Ak::1.11é,diteur, 108, boulevard Saint-Germain. Paris. - Prix: ::? fr. 50. En face du matérialisme économique du parti social-démocrate allemand, rien d'étonnant, n'est-ce pas? qu'on Yoie se !eYer des hommes pour affirmer un idéalisme aussi absolu. aussi intransigeant, à sa mani~re, que la doctrine de K. Marx. Bebel et Liebknecht soutiennent que l'ètre physique et les conditions extérieures de sa Yi,~.:1yant une toute puiss2ntc inf1ue!1ce sur J'ètre intime. une humanité nom elle naitra si L:n monde nouveau est créé et que, par conséquent, la question sociak est toute matérielle. économique, et rien de plus. Au conti:aire, pour des idéalistes comme M. Th. Ziegler, k monde physique n c·tant qu'un reflet du monde moral, il s'agit de réformer l'hunnnité et de la rendre meilleure si l'on Yeut transform~r ses conditions d'existence: la question S()cialc est 1n1c question 111ornle. Il va sans dire que les premiers sont des saYants: historiens, économistes. et que M, Ziégler. lui, est un philosophe. u:1 moraliste. Chacun prèche pour son saint et. chose extraordinair~ en pareil cas, .tout le monde a raison. Matérialist~s et idéalistes se croient dïrréconciliabks ;idversaires parce que les uns et les autres examinent la mème question sous un aspect spécial: le seul quïls connaissent, le seul important à leurs ye,1x, le seul mème qui, selon eux. existe. Ils se refusent énergiquement à reconnaitre que le progrès est chose universelle, immense, embrassant intégralement le monde dans toutes ses manifestations physiques autant que morales, entrainant dans sa course infinie les hommes, leurs sciences, leurs sentiments, comme leurs modes d'exis-

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