La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

l ,\ 1:;::vu1. S'.">ClALISTE * ** Plus frappant encore est le résultat obtenu en Indo-Chine par 1-..:s législateurs. dont j'ai résumé tout à l'heure les admirables concepts. La suzeraineté nominale jadis exercée, non par la Chine, mais par l'empereur monrrol ou tartare ne consistait l)as du tout en une oppression V ' l comme celle que nous voyons par exemple établie depuis vingt-deux ans en Alsace-Lorraine, (les deux races ne s'y fussent pas prêtées), mais simplement en des invasions violentes, espacées à travers l'histoire. et toujours rejetées, après un temps plus ou moins long, par la race que l'on tentait de réduire ainsi. (ltwasion des Han. en 111 avant J.-C. - l1wasion du général Ma,·ien, en 40 après J.-C. - Invasion du génàal Luda_v, en 226 après J.-C. - Invasion de Luuphong. en 603). Malgré ces convulsions superficielles, les autochtones ont conservé une autonomie ethnologique parfaite, et des institutions administratives adéquates. Là, plus encore qu'en Chine. le roi est un personnage mystérieux. inconnu, et disons-le de suite, - inutile, car il est choisi généralement d'un àge et d'une capacité tels qu'il ne puisse rien faire. Et, si par hasard il témoigne quelque velléité d'action, son entourage a tôt fait Je l'empoisonner. Ledit entourage fournit - outre les chefs des mercenaires - des fonctionnaires (?) qui, sous le titre d'em·oyis et de µ;ou- \'erneurs royaux, vont dans les différentes régions. faire leur fortune aux dépens de la fortune du peuple, qui les déteste : telle est l'influence royale et de la cour dans l'organisme du gouvernement. L'unité administrative est la commune : ,< Elle est une persoc11e " morale, jouissant de la plénitude de ses droits civils: elle s'admi- ,, nistre elle-même, et 11'espt as sou111ise à la t11tellede l'Etat. Elle percoit " son impôt, après avoir donné son avis sur sa répartition. Elle fait, ,, avec ses propres ressources et sur sa seule initiative, les tra\'aux pu- ,, blics qui l'intéressent, tie11tso11conti11ge11t11ilitairae11co111plct, et est " responsable de la police de son territoire : l'Etat ne se mêle jamais " de l'administration, que dans le cas, fort rare, où la population po1te ,< plainte contre ses mandataires. Toute cette ad111i11istratioenst réglù, "1101p1a, r l'Etat, non par la loi, 111apisar 1111ceo11lu111freaditio1111elolerale. ,, 'Varia11dte provi11ce à pro'vi11ce. ,, (Luro, le P(lys d'A1111a111. p. 16--1.). J'ajouterai, pour spécifier encore cette autonomie, que jusqu'au siècle dernier, il n'y avait point de monnaie autre que des barres d'argent de poids variable, que chaque village coupait d'une certaine dimension.· déterminant lui-même ainsi son unité monétaire. Ce fut le roi Gialong qui, ayant besoin d'argent, fit voler tout le métal précieux et imposa. à coups de fusils, le cours forcé d'une monnaie de zinc et d'argile : les populations mentionnent encore cette violence avec indignati0n. " La

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