La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA RE.VUE SOCIALISTE (ab. Nous avons laissé de coté ce qui était lllauvais ... Du reste, nous n'avons pas assez confiance dans l'adlllinistration pour lui donner nos nollls. M. Flandin. - Vous ne pouvez ras prendre clans une loi ce qui vous plait et laisser de coté ce qui vous déplait. Vous devez vous soumettre à la loi tout entière. Le prévenu. - Certains règlements de la loi de 1884, constituent une entrave pour le développement de notre syndicat. Nous obéissons à la volonté de nos adhérents. Nous ne voulons pas braver la loi, mais simplement rester dans l'état où on nous !:lisse depuis neuf ans. Un autre: La loi de 1884 impose des servitudes et ne donne pas de bénéfices équivalents. Aussi n'avons-nous pas voulu nous y soumettre. M. Fl:tndin. - Si vous effacez quelques articles de :a loi de 1884, il faut effacer toute la loi. Et alors vous retomberez sous le coup des article du Code pénal. Recourez 11la propagande pour arriver à l'abrogation des lois qui ne vous pl:lisent pas, mais jusqu'à leur abrogation, respectez-les. Estimez-vous qu'un citoyen puisse refuser d'obéir ü la loi? Le prévenu. - On doit non pas repousser brutalement la loi. mais l'interprèter clans un sens favorable. li y a tant de manières d'interprèter les lois! Un autre: - Depuis 1884, nous avions une existence régulière et, subitement, sans qu'aucune loi nouvelle soit intervenue. notre situation régulière devient irrégulière. Pourquoi? Un autre : - Nous nous refusons /1 reconnaître la loi parce qu'i I nous faudra i I donner le nom de nos adhérents, ce qui, à Paris, n'aurait peut-être pas beaucoup d'inconvénients, mais ce qui serait très dangereux en province, oü souvent le maire de la ville est patron. Nombre de nos camarades refusent de s'incliner. M. Flandin. - La loi est mauvaise à votre avis? Le prévenu. - Oui, et notre présence ici le démontre suffisamment. Nous voulons faire interprèter la loi de façon à ce que nous n'ayons pas que des inconvénients, mais aussi des avantages. Un autre: - Nous ne voulons pas livrer nos noms )1 la préfecture, qui, dans le moment de grève, pourrait mettre la main sur ce que vous appelez les administrateurs. Parmi nous, il n'y a que des égaux. Nous avons voulu rester solidaires avec nos camarades et nous ne nous sommes pas soumis. Un autre: - En justice, il y a, paraît-il, un axiome qui dit qu'on doit obéir même aux lois mauvaises. Nous estimons que cet axiome lui-même est mauv:iis et ce qui le prouve, c'est qu'il y a eu dlil6 révolutions. Si on eût respecté cet axiome, nuos n'aurions pas eu 1789.

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