LA REVUE SOCIALISTE travc.:rsésaujourd'hui, de fournir à chacun de nos collegues l'occasion idyllique de conter à son voisin la fa~·ondont sont exploités les domaines de sa cin:onscription. Je suis enchanté de ce mélange de pastor:iles :1·ubruit des luttes qui viennent d'être soutenues tout :1 l'heure; mais je vous prie encore une fois, messieurs, d'échapper aux considérations absolument loc:iles en voulant. bien regarder cc qui, d'aprcs moi, est. dans l'ensemble, la vérité de la situ:ition. Voici pourquoi, en 111èmetemps que nous avons recours aux ressou r1.-cs dont je pariais tout à !'heure, nous demandons que le pri nci p:il de l'i 11p1ot foncier soit remplacé en partie par des déci111ess'ajoutant aux taxes successorales qui fr:1ppent b propriété non b:itic quand l'ensemble de la succession s'élevc :nt-dessus de ~o,ooo francs, parce que cette fortne dïmposition ne peut se rJpercuter ni ~ur le 111étayerni sur le fermier. Ce discours est plein de renseignements utiles. Le prolétariat agrisole se développe en effet tous les jours. La question sociale agricole ..::omrnence à se poser, Qu·on se souvienne seulement des grèves des bùcherons du Cher. des syndicats de vignerons à complants, fondés par les socialistes de Nantes : que l'on songe à l'élection du révolutionnaire Haudin; à celle de Jaurès lui-même, dans des circonscriptions où la population rurale domine. Le paysan n'est pas réfractaire au socialisme. à la condition qu·on ces~e de lui parler des solutions applicables à la grande industrie qui ne le touchent pas directement pour s·occuper davantage de ses intérêts spéciaux, et pour les traiter dans cet esprit de justice et de haine pour les exploiteurs du travail qui est le fond du socialisme. Jaurès racontait récemment dans un article de la Petite Rép11bliq1f1rca11çaisc. que les paysans du Tarn. inquiétés par les spéculations sur les grains du hé:lut commerce international et par les baisses savantes provoquées. en vertu de la puissance des capitaux accumulés. au moment de la vente des récoltes. manœuvres destinées à obtenir rachat à bas prix au producteur des fruits de son pénible travail. commençaient à désirer que l'Etat fut chargé d'acheter à l'étranger la quantité supplémentaire de céréales nécessaire à la consommàtion du pays. Voilà certainement un pas hardi fait vers le collectivisme ou le communisme par les gens que l'on représente si souvent comme des individualistes intransigeants. Ces succès doivent donner du courage : continuons à nous occuper des besoins des travailleurs ruré:lux, descendons des théories générales à la wnception des plus simples améliorations pratiques, défendons la petite propriété contre b concentration capitaliste, car notre socialii;me ne précède pas mais suit seulement l'évolution économique. Quand cette évolution sera accomplie, quand la petite propri~té sera détruite. alors nous proposerons d'autres solutions. Mais pour le moment, voyons la situation telle qu·elle est et non telle qu'elle sera dans cent ans. Même si nos efforts doivent-être vains, il est bon
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