LA QUESTION SOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS 345 qui se développe, il y a en France la petite propriété paysanne; vous oubliez qu'il y a le morcellerncnt de la terre et qu'il y a des millions d<! familles qui possèdent de petits domaines suffisant par leur travail à leur existence. Or, je ne suis pas fâché que M. k rapporteur général nous :iide 11dissiper ,ette illusion, cette légende. Non, il n'est pas vrai que 1:i petite propriété en France occupe l'étendue que l'on dit; il n·est pas vrai qu'il y ait un grand nombre de paysans vr:iiment propriétaires. << (Très bien ! très bien! à l'extrème-gau,he. - Réclamations à gauche et au centre.) M. JouRDE.- Ils ne poss~dent que =, millions d'hectares sur 45 millions! M. LtYDET.- lls ont le nombre, mais non l'étendue. M. 1,EM1N1STRDE SF1NANCE-S. 11 y a huit millions et demi de pctik~ cotes. M. JAURÈS-. Je ne puis cependant pas justifier mes :iffirmations av:int de les avoir produites. Je remercie cependant la Chambre de ces interruptions; elles sont la m:irque d'une attention bienveillante dont je lui suis profondément reconnaissant. Je dis qu'il n'est pas vrai qu'il y ait en France autant de paysans vr:iiment propriétaires qu'on le prétend. Et j'entends par paysans propriétaires des p:iysans possédant une étendue de terre suffisante pour que, cultivée par eux, elle leur permette de vivre avec leur famille. En fait, M. le rapporteur général est de cet :ivis, puisqu'il nous indique que c·est surtout à la grande propri.:té que profiterait le dégrèvement dont il a p:irlé. Et l'honorable M. Jules Roche, rapporteur général du budget en 188=,. répondant à M. Germain qui apportait la mème proposition à la tribune, lui faisait précisément const:iter l'importance de la grande propriété en France. <, Il lui montrait qu'en fait non seulement la grande propriété existe, mais « qu'elle v:i se développant en étendue, que le nombre des grands propriétaires « diminue, sans que le tot:il d'he~tar<!s de grande propriété diminue égale- <, ment. Cest-:1-dirc que, tandis quïl y a quinze :ins p:ir exe1111,J-e cc sont « les chiffres que citait notre éminent collègue - un tiers de b propriété fon- << cière de la France appartenait 11 193.000 grands propriétaires, le m.:me tiers cc n'appar,wait plus en 1885 qu'l1 103-.000 propriétaires; en d'autres termes, !;1 <, mème somme d'impôt foncier sur b propriété 11011 bàtie, 43 millions, si fai <, bonne mémoi rc. ét:iit payée p:Ïr un 110111 bre de propriétaires qui, depuis « quelques :innées, av:iit décru. En sorte qu'il semble qu'on peut surprendre « jusque d:ins le mouvement de 1:i propriéU rurale, le m~me mouvement de « concentration qui s'est produit, ouvertement et brutalement, dans la pro- « priété industrielle. >> M. LERAPPORTEUGRÉNÉRAI-.. L'effet est très variable suivant les régions. M. Ar<ARD.- Comme la propriété agricole, la propriété industriel!<! est divis~e par actions ou oblig:itions entre des millions de propriétaires. M. M:CHou. - Vous me permettrez de vous faire observer que dans la r~gion que j'habite, il y a au moins 80 propriétaires sur 100 qui ne travaillent que chez eux. M. JAURÈS-. Je n'ai pas réduit la question :iu rayon dans lequel vous vivez. Je ne prends p:is précisément un fait local ou régional ; je prends des résult:its c1·ense111blet je constate. Ce n'est pas moi qui fais cette constat:ition
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