La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

I 1.A Rl.'✓ UE SOCIAI.ISTE Cc probl~me ce,( ins ilublc d:rnt donné l'état de chose :1ctuel, voyons si, par une réforme capitale possible notre rève ne peut se réaliser sans révolutions Pour œla, d'après 111:1 manière de voir, une seule loi de principe suffir:1it; cette loi, je l'énonce en delt:\ mots, quant à présent: /'E"1/ sml prnt bùifrr ! Evidemment cdtc loi ne sera pas votée tant que no, députés seront choi~is parmi les po~sédanls et que le Sénat sera là pour l'empêcher. Q.!1esi le peuple, mieux éclaire, .::omprenant enfin ses interèt,, comprenant surtout que, sauf la fortune et tout ce qu'dle permet: instruction, éducation, de., le!>hommes ~ont semblables. égaux, et ont Je., mème5 droits, i.:es droi ls méi.:onnus dans tout le i.:ours des siecles, il les fl!r:1valoir en choisissant dans son propre sein ses rl'présentants parmi les plus éclairés, les plus intelligents et ~urtout le~ plus bonnètes. Cette loi, maintenant irnpossibk. sera voke avec une majorité de 90 contre 1. tant est grande 1:i ma.,~e des déshérités et des malheureux qui croupi~scnt <ie génération en genération, de par l'application de celte odieuse loi actuelle de l'Hrr.:d,1,·. Voyons maintenant, u:lte loi votée, com111e,1ton pourrait l'appliquer et quel~ seraient ses ré!'.ult.1ts. Jc serai tres bref; vou, me comprendrez sans que je sois obligé d'cntr.:r d::ns des détails. Je pourr:1is prendre un exemple dans l'agriculture ou dans le i.:ommercc ; je 1c prendrai dans l'industrie; il est également applicable dans ccs trois branches de l'activité humJlllC. Un illliustriel important vient de mourir; il est possesseur d'une usine o.:cupant un certain nombre d'ouvriers; sa veuve et ses enfants continueront l'exploitation, !>Ïb en sont capables; m:1is l'Etat hérite de la moitié revcnan 1 aux enfants 11 leurs lieu et pl:iœ. A la mort de la veuve, l'Etat devient seu possesseur de J'usine et J'admini:,lre lui-mi:me; les héritier , dits naturels, re!>- twt atta.:hés 11 l'établi!>sement commc fonctionnaires de l'Et:1t; au besoin il peut leur drc fait quelques ::vant:1ges it titre de dédomm:1gement. mais ceci est une question de <letail. Les revenus fournis par l'e;:ploitation sont employé~ i1augmenter le s::tlaire des oavriers et répartis entre tous les malheureux en occupant à des travaux ~1tiles tous ceux qui peuvent travailler, et en fondant des maisons de refuge pour les vieillards des hospices, pour les infirm-:s, etc. Les enfants ser::tient tous élevés et instruits également par les soins de l'Etat ct toute~ les fonctions supuicur~s et autres seraient ::ittribuées aux plus mérit::ints par voie de concours. D'ici 30 ou 40 :ms. i'Etat serait seul possesseur de la fortune publique, tous les Français seraient ses employés, ouvriers ou fonctionnaires, il n'y aurait plus de fortune priwc, p:irtant, plus de privil~ges, tous les citoyens scr:1ient égaux, ct ne devr:iient leur distinction qu'à leur trav::til et leur intelligence: les abus dc toutes sortes ainsi que les vices eng.:ndrés et par la grande for u1:e et p;!r l:t mis~re disp~,raîtr:iicnt; l'homme se sentirait libre enfin, dégagti de ce joug que lui impose le régime inique de la grande fortune. Tous les hommes travaillant, d'une part; d'autre part. l'usage des machines généralisé aussi hien dans l'exploitation agricole qu'industrielle, le nombre d'heures de tr::tvail ~e trouverait considérablement réduit et chacun pourrait cons:icrer une partie

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