LA RI: VUE SOCIALISTI: a b colicctivité dont il fait partie. En rien ils ne peuvent accroitre la gloire de leur auteur ou de la Nation dont il est membre; cependant. ils ont toujours accompagnés la guerre, ils en font partie intégrante. ils sont l'essence mème du ,, beau métier des armes '>. Quelles sont les causes de ces crimes? Très rarement dans leur perpétration intervient la haine, ce sentiment si humain, élevé malgr~ que barbare. Ni les annamites, ni les chinois, ni les italiens, ni les abyssins, ni les français, ni les soudaniens, ni les allemands, etc., n'étaient haïs de ceux qui les combattaient, de ceux qui, sur eux, commettaient l~s crimes rap- pelés par les faits précédents. Le sentirm nt haine se retrouve seulement dans les guerres civiles, dans les actes accomplis par motif politique ou social; là toujours. tant de la part des vainqueurs que de celle des vaincus, on Ynit la criminalité revètir une forme absolument sauvage, bestiale. Les causes de ces crimes sont humbles, car elles tirent leur origin:.:: des temps millénaires où nos ancètres réunis en tribus, qui étaient en lutte permanente entre elles, considéraient comme louables, glorieux, tout \'OI, rapt, meurtre perpétré sur l'étranger, c'est-à-dire sur l'ennemi. Encore aujourd'hui, n'est-il pas glorieux pour le professionnel militaire ct·aYoir des décorations. preu\'e Lfactions d'éclat dans la guerre, c·estù-dire preuve quïl a tué beaucoup d'ennemis, incendié des villages. pillé d~s maisons, violé des filles ou des hommes? De mème il est glorieux chez le peau-rouge d'a,·oir beaucoup de scalps ou de queues de loup, indice de bravoure dans le combat, puisque preuve de moult meurtres, pillages, etc. C'est en cette sun·i\'ance ancestrale qu'il faut voir la cause primordiale de ces actes criminels. Mais inter\'iennent d'autres causes :;cco,~daires. Le milieu sanglant, résultant de tout combat, grise, atrophiant momentanément, quelquefois pour toujours, la sensibilité inhérente à la mentalité animale et développée dans l'encéphale humain par les successives civilisations. Cette griserie du sang, cette anesthésie morale incite l'homme aux actions les plus infàmes sans qu'il perçoive leur infamie. Le combattant vient de risquer sa Yie ou va la risquer : il y a comme une sorte de détente de toute la cérébralité; subsiste seulement en le cerveau l'idée de jouir et, comme il dispose de la force, il s·en sert pour satisfaire ses désirs, pour l'accomplissement de sesjouiss~nces, sans avoir la moindre notion qu'il lèse plus ou moins autrui. :::es crimes, commis après la lutte, sont toujours perpétrés par une collectivité, jamais par une individualité, il y a pour ainsi dire émulatio11. Le facteur imitativité inter\'ient et par imitation on est poussé à ,1~ir criminellement. Une autre cause secondaire de ces actes criminels e~t la di~vulnérab1lité spéciale aux militaires professionnels. Le stoïcisme des blessés français après Waterloo a été signalé. Si on lit les mémoires è~s xv:it• c: xv111esiècles, on en trouvera d~s preuves a5sez fréquentes
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