NATURE ET EXERCICE DE LA PROl-'ESSION MII.ITAI'.Œ 72• 1 dans les récits de ba_taille, de duel, dans les guérisons rapid~s ck bl~ssures graves, qui auraient été mortelles pour des organisri1es diflër~nb. Je citerai le cas du général de Galliffd. Au Mexique.« horriblement blessé ,\ans un co111b:1t.011ra.:011!:tqu.: l:tiss~ pour mort, il avait pu cepend:int en revenant 11lui se trainer, le venir<.:oll\·ert, jusqu'à une ambulance où il ét:iit entré portant ses entrailles d:tns son képi. L'empereur de111a11daiàt sa fc111me: vous avez dù être horriblement inquiète éll apprenant la gravité d'une telle blessure. dont tous les journ:iux p:trl:iient? - Oh! 11011Sire, r~ponclit Mme de Galliffet avec son angélique sourirè. il a t:111d(e chance » ( 1). Aux yeux du vulgaire, cette disvulnérabilité passe pour courage et est l'objet d'éloges sans fin. En fait, cette analgésie physique. reste de notre ancestralité animale, est l'indice d'une cérébration inférieure. En effet, cette analgésie, constatable aussi chez lesgrands criminels léga11x c'est-à-dire chez les criminels tëratologiques, influe sur la sensibilîté morale des professionnels militaires: elle détruit peu ou prou cette sensibilité et permet la perpétration de ces actes qui lèsent violemment, brutalement, la liberté individuelle. Enfin, inter\'ient l'accoutumance qui fait considérer comme naturels, moraux. des actes primitivement regardés comme antinaturels immoraux. Toutes ces causes internes ou externes : survi\'ance .1tavique, analgésie physique, anesthésie morale, désir de jouir, imitation, accoutumance. expliquent la genèse de ces actes criminels commis par ce, Individus prédisposés à subir vivement l'influence de ces causes, puisqu'ils avaient la vocation pour cette profession qui comporte d·~ tels crimes. De cette analyse psychologique du militaire professionnel, dans l'exercice de son métier, c·est-à-dire dans la gu~rre. se déduit logiquement l'irresponsabilité des auteurs de ces actes anti-indi\'iduels. On doit réprou\'er ces actes, mais on ne peut raisonnablement en rendre leurs auteurs responsables. S'ils_les ont commis, c'est qu'ils y étaient poussés à un degré plus ou moins grand par la nature de leur cérébralité soumise à lïnf1uencc de \'imitation, de l'assuétude. HAMON. (1) Mme Carette (née Bouvet) Souvenirs intimes de la Cour des Tuil<'l'ics, p. 2 34, 235. - Paris 1889.
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