La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

320 LA REVUE SOCIALISTE ;iller les 111ai11vsidés: Sous mcn;\ce d'incendier la ville, il extorqua 40.000 francs aux pavésiens, des amis des Autrichiens; en se retirant il fit, pour s'amuser. ~auti::r une des arches du pont ( 1). En 1707, le général Cha bran, traversant Brescia, se fit remettre pour 1u i par la municipalité 40.000 lires qu'il fit charger sur une voiture conduite par le père de la femme avec laquelle il vivait (2). Le général Chevalier. chJrgé de désarmer le village de Castelnuovo, garda pour lui non-seulement la caisse autrichienne, mais encore l'argent pris au comte Morando (J). A Bouffarich, il existe une horloge donnée par le maréchal Pellissier, aprés la prise de Sébastopol ot1 il l'avait volée dans une église (4). La grande croix qui surmonte l'église St-Martin, 11 Brest, provient d'une église de Sébastopol oü on l'a enlevée. Le pillage du Palais d'Été par le général comte de Palikao, lors de la guerre de Chine. est connu de tous. Le colonel Dupin fut mis en non activité pour avoir dépass,: toutes le3 bornes en faisant vendre :î Paris dans un magasin les objets qu'il avait volés E1-bas. On a même dit qu'il avait pris par force aux soldats quantité de ces objets. Quant aux vols. meurtres, etc., commis par l'armée allemande en 1870 ~ur le sol français, je ne puis mieux les prouver que par ces extraits dùs au lieutenant bavarois Emmar. Cet officier pendant le cours de la campagne, prenait des notes au jour le jour sur un carnet qui fut trouvé sur son cadavre. Un littérateur M. Henry Gauthier-Villars en a publié de longs passages dans la Revue Bleue en 1892. Il a, malheureusement pour l'homme de science, supprimé les réflexions de cet ofÎI - cier sur les femmes, afin de ménager la pudeur des lectrices. Malgré cette suppression, cette publication est fort suggestive; on pourra en juger par ces quelques extraits. « ï :100t. - Ce matin. les hommes pillent; on enlève des poulets, des oies, un porc; un tonneau de vin est mis en perce; la cuisine se fait avt!C du bois pris à l'habitant. Bombance. » « 8 août. - A Zensweilar, pillage et ripaille. Nous partons à huit heures, sans laisser trop de regrets. je suppose. » « 23 août. - A Méligny-le-Petit : Village pauvre, puces dévorantes, mauvaise~ gens qui ont reçu notre fourrier la fourche ;1 la main. Pour leur apprendre à vivre, on déterre le lard et le vin, toutes les provisions qu'ils avaient enfouies. On ne leur laisse rien. Et l'on bâtonne un paysan sous prétexte qu·un coup de fusil ;i. été tiré sur le capitaine, ce qui est une bonn~ blague ... » (1) Manuscrit de Fenini à la bibliothèque de l'Université de Pavie. - Cit~ p:tr Troldrd, l. c. p. 1 :;6. (2) Landrie~x, l. c. - C::té par Trolard, 1. c., p. 190. ( 3) L:1ndrieux, l. c. - Cité par Trolar<l, p. 222, 223. (4) H:11110:1, l. c., annèc 1891, p. .540.

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