NATURE ET EXERCICE DE LA PROFESSION MILITAIRE 3 19 D:ins un rapport de Clarke au Directoire, sur 8 commissaires ordonnateurs, il en cite deux << sans. probité», un « peu délicat»; sur cinquante-qu:llre commissaires des guerres, ou faisant fonction, vingt-et-un sont portés comme jouissant d'une« probité nulle ou douteuse». un est noté comme « fripon». un autre comme<< brocanteur». Les commissaires étaient officiers et :waient été, auparavant, parmi les combattants. M. Bouquet passa en conseil de guerre pour ses vols de bijoux et d'effets préciel!x dans les Mont-de-Piété de Padoue et de Vicence. A ce sujet, le général Kilmaine lui écrivait: « Parmi les hommes qui vous poursuivent, il y en a à qui on :rnr:iit le droit de faire les reproches les mieux fondés de vol et de pillage. Si l'on vous met en jugement, il faudra bien y en mettre beaucoup d'autres ou dire pourquoi, à moins qu'il ne soit prouvé qu'il y ait à cette armée des voleurs privilégiés.» M. Bouquet fut condamné à cinq ans de fer et le général Kilmaine lui écrivait, J..: .3 juillet 1797 : « Vous avez bien fait de plaider votre cause par le silence du mépris pour » vos «soi-disant» juges. Ce sont des « bourreaux» qui vous ont s:icrifié... )> Je verrai de nouveau le général en chef (Bon:iparte) il ne peut être plus » longtemps sourd à b voix de la vérité ... « il vous rendra justice, je vous ..:n » donne d'avance l'assurani:e positive. » Aussi, le 10 janvier 1798, le cons..:il <le révision c:issait l"arrèt, et le 13 aollt, un deuxième conseil de guerre, présidé par le général Fiorclla. :icquittait Bouquet. Sous l'empire, N:ipoléon accorda :1 Bouquet une pension de 1.400 fr. sur sa c:issette ( 1). Landrieux, dans ses Mémoires, é.::rit: << Mur:it et Vignolles étaient descendus d'une très belle voiture anglaise que Murat me dit :ivoir confisquée sur le consul anglais à Livourne d'où ils venaient. Il me pria de b lui garder quelques jours pour lui donner le temps de l:i vendre. Il ne voulait pas la mener :t Milan, crainte que Bonaparte se l':ippropriat. Vignolles me dit qu'ils avaient eu tous à l'Etat-Major 00.000 francs .::h:icun environ, provenant des deitcs des négociants livournais envers les Anglais que Collot, qui avait été chargé d..: ces recherches, les avait forcés :i payer et que, ensuite, il en :ivait fait le partage ( 1 ). » Dans les notes fournies p:ir Bonaparte à Clarke, notes qui figurent en une « Lettre au Directoire», que l'on trouve aux Archives Nationales, A. F. Ill. 71 Doss. 191,011 lit: « Masséna aime beaucoup l'argent ; Augereau aime beaucoup l'argent; Murat et Ch:ibran aussi. Lannes :iime beau.::oup l'argent et s'en est beaucoup pro.::uré; Vial :iime beaucoup l':irgent et s'en est procuré par de~ moyens que la probité ne peut approuver» (.3). Il s'agit de généraux. Cert:iins officiers traîmient derrière eux des voitures pour y ch:irger le butin, provenant du pill:ige. Les généraux divisionnaires sauf Serrurier et Baraguey d'Hilliers fermaient les yeux (4). Obligé de quitter Pavie, le général autricbim Melcalm ne voulut pas s'en (1) Léonce Grasilier, j.:a11 La11drie11x. adjudant général, chargé du bureau secret 1756-1824. - p. 254-261. - Paris in-8 1893. - M. Grasilier cite, comme sources. les archives nationales et de la guerre, il indique, avec soin, les dossiers ou les liasses. (2) Léonce Grasilier. - L. C. page 198, (,) Léonce Grasilier. - L. C., p. 262, (4) Trolard, 1. c. p. 12 .3, 124.
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