314 LA REVUE SOCIALISTE sion par.;e qu'il était ennuyé d'une enquète ouverte sur un détournement qu'it avait con~mis .. ( 1) Pendant cette campagne d'Italie, Bonaparte ordonna aux généraux de division de destituer sur le champ tous les officiers absents irrégulièrement not:imment ceux qui se trouvaient dans les villes de plaisir, Milan, Brescia, Plaisance (2). Il est 11 noter que l'armée française était alors en pays ennemi, en .:ontact quotidien avec l'ennemi. Le Maréchal de Moltke, un des artisans de l'Allemagne actuelle, un illustrehomme de guerre, un excellent militaire était Danois de naissance et d'ancêtre. Il fut élevé en Danemarck, officier de l'armée danoise. Se voyant sans avenir dans cc petit pays, il alla servir en Turquie puis en Prusse. Officier prussien, il .:ombattit contre sa patrie natale et aida puissamment à son démembrement. Dans l'armée et la marine turques, il est beaucoup d'officiers françaisr ,allemands, anglais. L'armée grecque a été instruite par des officiers français. En France, il existe une légion étrangère complètement professionnelle, y compris les soldats, tout à fait analogue aux mercenaires des siècles précédents. Il est inutile de rappeler la conduite si connue du maréchal Bazaine à Metz. En 18901 un ex-lieutenant, M. Bousquet, fut condamné à cinq ans deprison pour tr:ihison. On n'a point oublié l'affaire Turpin-Triponé qui fit tant de bruit en 1891. On se souvient qu'il fut prouvé que le général de division Ladvocat était l'ami et le complice d'un espion, Triponé. Dans cette affaire de vente de documents secrets à la maison anglaise Armstrong, étaient plus ou moins compromis d':iutres officiers supérieurs (.3). Bien moins connue est l'affaire des canons de la marine, clans laquelleél1it compromise la direction de l'artillerie tout entière, avec son chef, le général Du Pan. <- La direction de l'artillerie. a dit M. Clémcnceau, à la tribune de la Chambre, a commis un véritable crime contre la patrie en ne tenant pas. notre artillerie au niveau de l'artillerie étrangère (4). » En décembre 1891 se suicidait le lieutenant-colonel Rocard, attaché à la direction de l'artillerie, au ministère de la marine. Des renseignements nombreux publiés par les gazettes (5), il ressort : Cet officier supérieur signala au général Du Pan de graves agissements du lieutenant-colonel Perisse, son prédécesseur. M. Du Pan lui ordonna de se taire; exaspéré, M. Rocard outragea son supérieur, d'où pour lui nécessité du suicide. M. Périsse, inventeur d'un procédé de fabrication cl~s projectiles, fut mis à la retraite d'office, pour manquement grave ;1 la discipline, au dire officiel. Il avait vendu, racontèrent les journaux, avec preuves, son brevet à une maison anglaise, et il s'était engagé à ( 1) Trolard, L. C. p . .3.30. (2) Correspondance de Napoléon 1. 1. 446.- Cité par Trolard, 1. c. p. lj9, (J) L'histoire c9mplète de l'affaire Turpin-Triponé se trouve dans Ministère e Mélinite, par A. Hamon et G. Bachot, Paris, 1891. (4) Chambre des députés, Débats parlementaires, Compte rendu in-extenso, p. 2,535. Séance du 9 décembre 1891. Cité par Hamon, iu France sociale et politique, année 1891, p. 694. - Tous les détails de cette affaire figurent dans é:Miuistère et Mélinite, p. 71-99. (5) lntra11sigea11t,30 décembre 1891 ; journaux des 28 et JO janvier 1892.
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