La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE nous en glorifions, et on nous en glorifie. J\'\ais tout cela c'est le passéet ce qui importe aujourd"hui c'est le présent. Le socialisme français traverse une crise qui dure depuis vingt ans. N'ayant offert au monde, pendant cette longue période, que le· spectacle.de ses divisions, il est en mauvaise posture pour blâmer et conseiller ceux qui ont pu, à force de patience, d'esprit de suite, de dévouement, édifier un parti d'une puissance redoutable - si redoutable que le gouvernement de l'empire allemand ne peut prendre une· décision sans compter avec lui. Q!.1ece parti soit entrainé par la force des choses ou p1r le tempérament national à des résolutions que nous taxons de modérantisme, nous pouvons le regretter; mais tant que nous resterons frappés d'inertie par nos luttes intestines, il sera en droit de nous répondre : « Ceux-là seuls qui ne font rien n·ont pas à craindre les écarts, ni les. fautes. » Nous n'avions jamais eu plus belle occasion de nous montrer qu'à ce Congrès de Zurich. Nous allons sans cesse répétant : Ce sont les rivalités des chefs qui nous paralysent, jetons les chefs par-dessus bord. Eh bien. nous n'avions pas de chefs à ce Congrès; leurs candidatures. les retenaient au loin. De plus nous étions, malgré tout, en nombre respectable. Q!.1'avonsnous fait? Comment avons-nous manifesté notre influence? Arri\'és à sans préparation, nous nous sommes réunis une fois. pour constater,. uniquement lïmpossibilité d'arriver à des résolutions communes, voire mème à un simple échange de vues. Aussi nous n'apportions avec nous que la conscience de notre état incohérent et de notre bonne Yolonté impuissante. Pris au dépourvu, nous ne pouvions qu'émettre des protestations vaines. qui énerYaient les autres et nous énervaient nous-mèmes. Quand nous protestons contre l'hégémonie de la force brutale, nous pouvons nous faire une attitude intéressante; mais quand nous récriminons contre l'hégémonie de l'idée, nous ne sommes que ridicules. Si le Congrès de Zurich a pour résultat de nous convaincre de ces. vérités, il n'aura pas été le moins utile de tous les Congrès socialistes. internationaux. De plus, nous devons souhaiter que, dans les Congrès suivants, on en finisse avec la méthode su,i,·ie jusqu'à présent, qu'au lieu de se battre pour des intérèts de parti, on se mette à délibérer sur des intérêts sociaux. Les Anglais ont inauguré le système des Congrès avec une question spéciale à l'ordre du jour: tel fut le Congrès des huit heures. Pourquoi ne ferait-on pas de même dans les Congrès socialistes internationaux? L'assemblée de Zurich a résolu, sur notre demande. de mettre en tête

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