La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LE CONGRÈS SOCIALISTE INTERNATIONAL DE ZURICH 3 1 1 du prochain ordre .du jour la question agraire. ( 1) C'est un pas dans la voie que nous recommandons. Dans cette question, il y a d'ailleurs matière à occuper quelques journées. Espérons que la discussion ne sera pas écourtée et qu'il sera permis de lui donner tout le développement nécessaire. Ce ne sera pas du temps perdu. V. jACLARD. RAPPORT DU CITOYEN V, jACLARD SUR LA QUESTION AGR.\IRE Citoyennes et citoyens, C'est sur l'initiative de la délcgat1on romaine - il faut s'en ft.liciter hautement que la question agraire a eté mise a 1·ordre du jour du Congrès. L'importance d~ cette question n'est pas à démontrer. Les socialistes n'ont jamais ignoré que le cerveau du paysan était le dernier refuge des préjugés; mais aussi ils connaissaient les ditlicultcs que devait rencontrer leur propagande pour pouvoir y atteindre. S'ils ne se sont pas attaqués plutot à cette dernière forteresse de la reaction, c'est qu'il semblait qu'elle fut imprenable. Aujourd"hui. nous savons le contraire. La position est fortement entamée. En Allemagne, en Angleterre. en France. l'agitation socialiste y a fait une brèche importante par laqueHe sont déjà passés bon nombre de députés et de conseillers communaux. Cette brèche sera certainement agrandie à la suite de la lutte qui se livre en cc moment dans toute la France et qui se terminera, nous l'espérons, par le triomphe des idées socialistes dans les campagnes comme dans les villes. Citoyens, après plusieu;s séances de délibération et avec l'ordre des rapports très consciencieux qui lui ont <!té fournis, la commission aurait eté bien certainement en état de vous apporter des propositions fermes, mais nous avons pense qu'une question aussi complexe que ia question agraire exigcait une attention toute particulière et ne pouvait ètre discutce sérieusement, venant à une heure aussi avancée du Congrès. Aussi avons-nous un devoir, nous limiter à la double prcoecupation que voici D'abord nous assurer la plus gr.inde somme possible de lumiercs pour le prochain Congrès. Puis, nous assurer les conditions d'un débat sérieux. En conséquence, nous avons adopté à l'unanimité la proposition suivante; "Proposition de la co111111issio1t agraire Le Congrès affirme le droit de la communauté au sol et au sous-sol. Le Congrès declare qu'un des devoirs les plus impérieux pour la démocratie socialiste dans tous les pays est d'organiser les travailleurs _agricoles aussi bien que les travailleurs industriels et de les incorporer dans les rangs de la grande armée du socialisme universel. Le Congrès décide que toutes les nationalités présenteront au prochain Congrès un rapport sur les progrès de la propagande dans les campagnes et en gèneral sur la situation agraire dans leurs pays respectifs. Les rapports indiqueront notamment quelle attitude, quels moyens et quelle méthode de propagande les socialistes considèrent comme les mieux appropriés à la situation agraire dans leur pays, à l'egard des difft'- rcntcs categories de travailleurs agricoles; salariés. petits proprietaires, métayers, etc. Le Congrès décide que la question agraire, en raison de son importance capitale et de l'attention insuffisante qui lui a éte accordée jusqu'ici dans les Congrès Internationaux, figurera à l'ordre du jour du prochain Congrès, et en tète de cet ordre du jour. Le Congrès vo~e ces résolutions par acclamations à l'unau imité.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==