La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LE CONGRES SOCIALISTE INTERNATIONAL DE ZURICH 303 ,< Mais de là~ exclure de simples socialistes révolutionnaires, qui reconnaissent la nécessité de l'organisation, il y a loin. " ,< Réfléchissez, poursuivit-il en terminant, que nous avons d'un coté les bourgeois qui nous guettent pour profiter de toutes nos divisions. de toutes nos fautes, et de l'autre, ce qui est plus important, le Prolétariat universel. qui a les yeux î1xés sur nous et attend nos décisions avec impatience. Or. plus nous serons énergiques dans nos décisions contre la classe des exploiteurs, contre le \'ampire capitaliste, plus nous forons tressaillir les cœurs de ceux qui espèrent en nous, plus aussi nous attirerons leurs sympathies. Plus, au contraire, nous ferons de l'exclusivisme en sacrifiant les tirailleurs d'avant-garde, plus nous nous aliénerons la confiance des exploités. ,, Après l'expulsion des Indépendants, un délégué allemand me dit en passant : " Enî111,le Congrès va pouvoir marcher. " Il a marché, c'est \Tai; mais à reculons, comme il avait débuté. Il ;:i si bien marché qu'il en sera étonné un jour. D'abord la question de huit heures. Ne pas \'Oter les huit heures n'était pas possible; mais on pouvait les rendre impraticables. Il suffisait pour cela de nier le lien intime qui unit la question des heures de travail à celle du salaire. Ce lien, nous n'a\·ons eu que trop l'occasion d'en constater la réalité. quand fut votée la loi sur le tra\'ail des femmes. Ce fut une conspiration générale dans tout le patronat pour diminuer le salaire d'une quantité correspondante à la diminution de la journée. De là les nombreuses grèves qui éclatèrent soudain sur tous les points du pays. Un délégué français. le citoyen Chausse, demande en vain avec les meilleurs arguments à l'appui. l'adjonction de ces mots : " le salaire restant k mème. " Le rapporteur M. Fauquez (Suisse) s'écrie avec véhémence que les objections qu'on oppose au projet de la commission ne sont pas sérieuses. " Ça ne vaut pas la peine de venir de Paris pour discuter de cette fa.;:on-là. » ,< Pourquoi, continue M. Fauquez, notre collègue français a-t-il présenté son amendement à la dernière minute? La question de salaire minimum veut être mûrement examinée. » Personne ne contredit à cette nécessité, que la commission eüt dù prévoir. Ne l'ayant pas prévue, elle devait être enchantée que sa distraction fùt réparée. Mais, en réalité, le temps manque, on l'a dépensé à faire voter un amendement qui aurait mieux fait de ne jamais voir le jour, à revenir dix fois sur la vérification de certains mandats, mème à récriminer contre les critiques de la presse, ou bieu encore à se battre sur la ques-- tion de savoir si l'on parlera de l'estrade ou de sa place.

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