La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

l)E LA LOI OE SOCIA SII.ITÉ Iement à un défaut de correspondance entre les b.::sci;.s et les ressource~;, ou mieux, entre les· besoins et le mode d~ répartit:on des ressourCL:!>. On oublie trop.dans ce cas. quelesnécessitésdela lL:aeprcYicnncnt dcscho!.'es et des circonstances, 1~ondes indi,·idus. Cc qui r.ct:s trompe. c'est notre conception anthropomorphe. c'est l'habitude invétérée que nous conservons de toujours prêter aux évènements une cause active impliquant plus ou moins vaguement une idée p'.,_vchi,1L:e au lieu de les enYisager nettement comme résultant simplement des conditions qui les engendrent, Personnifier les classes et bàtir des théories sur leurs luttes criminelles, ce n'est plus faire de la science. c'est bàtir un roman métaphysique. Cela rappelle un peu trop lès fameux combats des humeurs peccantes des médecins de Molière. Sans doute, nous ne de,·ons point méconnaitre la réalité de l'opposition des intérèts et des passions : notre conception de la loi universelle d'équilibration, n'irnplique-t-elle pas que, dans toute équilib:·ation, il y a toujours deux tendances apposées. c'est-à-dire une sorte de lutte? Seulement rem:1rquons-le bien, c'est de l'accord.c'est-à-dire de la fusion, de l'unification. en un mot. de la solidarisation que naissent les chose'- et les phénomènes. attendu que rien ne peut exister. sans une individualisation des t!léments qui le composent, et que cette individualisation implique nécessairement la solidarisation desparties dans leur tout. Voib pourquoi nous disons que la loi. c'cst-i1-dire la condition de vie de toute société est la rnlidarité dt: ses memhcs. c·est-à-dire la ~ociabilité. Par conséquent nous pou,·ons conclure que la loi de l'organisation sociale est la loi de la sociabilité, comme la lei de' l'évolution soci~lc est la socialisation. Dr JuuFN P1ocrn.

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