La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

1.,~ ltEVUE SùCIAl.iSTE dans c'.11+1c s).:i::i:: i'.. rns irnj1lic1uer aucun élément d::: consc1e:1cc, de volont~. aucun cara.:L•ïc de rnoralit·i proprernent dite. De rn2;11e qu~ n::,us a,·ons vu que b sensibilit~ vraie, consciente, ne peut gu~re .::~rëadmise qu'à une phase très aYancie de l'organis:ition anirn1le et n.: pcut dre envisagée qu2 co:11rn2 la r~sultante de la division et de b réper.:ussion interne des faits Li'excitation s-::nsoriellé, de même nous comprenons que b sociabilit~ proprement dite, c'est-àdirc instinctive d'abord, morale ensuite. ne peut-ètre reconnue que dans une p!1ase suilis:rn1mentavancée de l'organisation sociale pour que nous puissio,1s _v admettre la manifestation d:2 ce que nous :ippelons l'in:,tÎ!,ct de so.::iabilit~ :luquel nous attacho;1s une certaine signification de sens so.::i1l. et surtout la moralit~ qui implique un degré plus élevé d:ins l'échelle de la sociabilité. La concurïcnce \'itale, la lutk pour la \'ie ( 1), l'association (2) ou l'accord (3) pour la lutte. ne sont point les principes d.: l'organisation ni la loi de b Yic sociale. ce ne sont que des résult;rntes des conditions p.1rticulières à la ,·ie des sociétés, dépendant des temps et des lieux, n'exprimant tfaill..~urs le plus sou\'ent qu'une simple Yue de notre esprit. D'ailleurs, mème en admettant ces hypothcscs sur les premiers mohil;s qui ont pu provoquer 1a forrnation des sociétés, nous n'en serions pas moins amenés, en derniàc analyse, à ne Yoir b que des manifestations particuliàes. circonstancielles de la sociabilité. D'autre part, nous ne saurions réduire tout c: que corn porte la sociabilité à cette conception de lutte ou d'ac.:ord pour la luth!: ce serait trop évidemment méconnaitre d'autres facteurs incontestables et dïrnportancc nullement négligeable : tous les auteurs sont ti':iccord, en eflet, pour proclarneï qu-:: nombre de sociétés paraissent avoir dù leur formation à df's circonstances g~ographiques, à des conditions climatériques, à des ressources alimentaires: de là des différences caractéristiques dans les soc:étés favorisé:!s par les circonstances, comme dans l'Amérique centrale du Sud où la facilité de trou\'er toutes les ressources alimentaire~ sur place a eu pour conséquence le développè:11ent d'un grand nombre de pctit2s sociétés dans lesquelles la lutte fut longtemps inconnue; tandis que thn:., les pays pau\Tes et ingrats, les soci~tés ont dù demeurer nomades, se livrer à la chasse ou à la pèche ou se faire la guerre. C'est e,,core ainsi que nous voyons de nos jours l'augmentation de la densité des po,)ulations urbaines susciter, entretenir et développer cette terrible concurrence vitale dont on veut faire une Ici sociale, au lieu de n'y voir qu'une résult:rntc de conditions particulières, tenant principa- ( 1 ) Dl :··.,·i !l. (1) L211css~n.

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