D[ LA LOI Dli SOCI.\BILIT!: so-:i:,1. mais a \·ec des mcdi fications considérables. d'une esp0cc à J"autn:. c·est ainsi que les zoologistes ne sont p:ts encore fixés sur l\.:xistenc~ou non des organes s~nsoriels. (vue. ouïe. ojorat. toucher) chez un certain nombïe d'insectes et surtout chez lt>s protoorganismes: il en est de même pour les modes les plus élémentaires d~ la sociabilité (sen:; a!Tectif de la famille. sens de la sympathie. sens sucial. etc .. ) que nous ne pouvons guère reconnaitre dans les formes plus inférieures des sociétés humaines et surtout des sociétés animales. Mais nous voyons des diffàences si considérables dans ces divcrsèS manifestations suivant les lieux et les temps. que nous a\·O1~sd"abord de la peine à reconnaître le mème phénom~ne commun de ~;ociabilité dans l:es manifestations qui nous semblent diamétralement opposées. par exemple !"amour des enfants d'un coté et lïnfanti..:ide dt>!"autre. !"amour filial et le meurtre des vieillards. etc .. ( 1). Cest que. chez lî10mme. nous voyons intervenir dès !"aube des temps historiques. un facteur qui ne cessera de conserver à tra\'ers les âges. son rolc prépondérant et décevant. c'est l'anthropomorphisme. grossi1:r d'abord, puis mystique et 1.nfin métaphysique. Rien. en effet, n'.a plus contribué à enrayer le lent proµ;res ck lî1umanité, rien n·a pu produire autant d'ineptes pratiques. de coutumes barl~ares. rien, en un mot, n'a plus égaré le sens social naissant des hommes naturellement portés à s'unir et à s'associer pour \·ivre. que toutes ces fausses conceptions de la vie engendrt:e par l'illusion première qui porta les ho111111eàs prêter aux choses et aux Jvènements une cause active, spontanée, analogue à leur propre activité. il leur propre volonté. Tels nous voyons les organismes animaux, organisés co111111n1o:u: s pour les fonctions proprement dites de la vitalité, nous sembler n ·avoir qu·une sensibilité purement orp;aniquc dans les espèces inférieures, simplenJ....nt instincti\'e dans les ::upérieures, finir cep~ndant chez nos animaux domestiques et les singes par nous obliger à leur accorder au moins. une ewèce de conscience plus ou moins analogue à la notre. telles les sociét~s animales et mème humaiaes nous apparaissent d'abord comme entièrement dépourvues de cette sensibilité sociale spéciale que nous appelons morale, puis nous manifestent nettement des instincts de sociabilité et enfin un nai sens social ou conscience morale. De mème que nous a\·ons vu la conscience proprement dite résulter du jeu d'action et de réaction des divers modes de sensibilité, par suite des déterminations subjectives, nécessairement différentes suivant la source et la voie des excitations, d'où une impression finale comparative qui constitue le fait mème de la conscience, de mème la sociabilité est la résultante du jeu d'action et de réaction des diverses manifesta- (1) Voir la Sociologie et !'Evolution de la morale de Letourneau.
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