La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

DE L;\ 1.01 DE sou;_;;:uT:. kur infl urnce sur les oxydations et éliminatio;,s organiques; nous. troll\ ons là l'explication du besoin instinctif du mou,·ernent, d'exercice, que semblent éprouYer tous les-animaux. si on en juge par l'universalité, au moins chez les organismes supérieurs. d'une foule d'exercices musculaires sans but d'utilité appréciable. Il en est manifestement de mème dans les· actions rnciales : les relations et communications entre des êtres semblables se réduisent d'abord à de simples relations organiques. physiologiques, entre les sexes dans la procréation ou entre les générateurs et les petits dans J"allaiternent. l'alimentation; mais ces r;:ipports ne tardent pas à se multiplier, et tendent à se répét~r sous une foule de formes dont nous ne pouvons pas toujours saisir la raison ou l'utilité: nous retrouvons, en effet, dans les rapports des voyageurs et des sociologues, la description d'une foule de pratiques sociales. d'usages. de rites, de coutumes, dont la bizarrerie nous étonne, si nous \·oulons y chercher autre chose que l'expression d'un besoin social. collectif. d'exercice. analogue au besoin d'exercice physique, provoqué. entretenu par le sens vital lui-mèrne. En un mot les manifestations de la sociabilité sont des conséquences et des régulateurs de la \'italité collective, comme les mouvements musculaires sont des effets et des régulateurs de la vitalité physiologique. La preu\'e en est dans le caractère réllexe. automatique. incoordonné de ces actes sociaux aux débuts de l'humanité. cornm~ pour les contractions musculaires chez l'enfant. Ce n'est que peu à peu. au fur et à mesure d'une adaptation secondaire que nous voyons apparaitre graduellement une coordination, une sorte de sélection 9ans ces actes qui nous paraissent dès lors être dictés par un but, avoir une raison d'être et nous semblent l'expression et la preuve de l'existence de notre conscience morale, de notre raison, de notre ùme et de la révélation. (hiand nous raisonnons ainsi. en finalistes. nous nous laissons égarer par les apparences, nous prenons l'effet pour la cause. oubliant la genèse et le mécanisme de la formation de notre connaissance, de notre conscience et de notre sensibilité. Noùs a\'ons déjà eu tant à insist~r sur ce point fondamental que nous croyons inutile d'y revenir ici. Qu'il nous suffise de faire remarquer à ceux qui Youdraient s'obstiner à considérer le fait de conscience comme primitif, au lieu d'en faire une conséquence secondaire, que cela les oblige, à accoter un caractère psychique, conscient, à tous les phénomènes de la sociabilité animale aussi bien qu'·humaine, depuis les actions les plus morales. jusqu'aux actes les plus manifestement instinctifs et même purement organiques, du rapport dès sexes. car aucun acte ne peut nous semble:· mieux approprié à un but déterminé. Apprenons donc à nous- défaire de cette habitude trompeuse de

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