LA REVUE SOCIALISTE conceYoir que des ,·ibrations. différentes dar:s l'espèce, ne prcc.lui~~1:t pas des effets différents sur la matière YiYante, d'où leur rôle efficient dans la différenciation organique. Nous aYons vu de même que les répercussions subjectives, intrinsèques. dr ces vibrations d'origine sensorielle. constituent le jeu de Jïdéation. depuis la plus simple impression purement organique jusqu':i.ux pensées les plus éle\'ées et les plus abstraites. Il est donc facile d'en conclure que les impressions produites par ses ::;emblable5 déterminent nécessairement, dans chaque animal, des différenciations spéciales. puisque nous ne pouyons supposer que des excitations différentes ne produisent pas des perceptions différentes. et quïl nous est impossible de ne pas admettre des différences caractéristiques dans les impressions produites par des êtres d'espèce différente, et des analogies dans celles proverfcrnt d'êtres semblables. Si nous ajoutons à cela que les ètres seml~lables. par cela mème quïls naissent, vi\'ent et meurent dans les m~mes conditions. et ont les m~mes façons de sentir et de réagir, se trouYcnt naturelkment g-roupés· p:w l'action de leur organisation. nous comprendrons facilement pourquoi nous retrouvons la sociabilité partout où se manifest~ la sensibilité même dans ses !'ormes les plus rudimentairès. C'est que la sociabilité nous semble jouer. dans l'organisation sociale le même rôle que la se:1sibilité dans l'organisation physiologique. Si. en effet, nous ne pouYons pas méconnaitre que la première trace d'organisation sociale parait -::xclusi\·ement organique, comme la première diftérenciation organique qui semble exclusiYement nutritive, nous ne deYons pas oublier que dans le., sociétés un peu a\·ancées, comme dans les organismes déjà différenciés, la vraie source des adaptations, diITérenciations et organisations que nous nommons progrès. évolution. se troU\'e toujours plus ou moins nettement dans des faits de sensibilité. Par exemple, nous pou\·ons bien dire que, chez les ètres inférieurs. les faits de la rèproduction sexuée et de l'alimentation du nouveau-né, n~ constituent que d~s phénomènes organiquès se rattachant à la nutrition. mais il n·en est pas moins éYidcnt que ces mèmes phénomènes d~s ïapports des sexes et des petits impliquent toujours une idé~ quelconque de sensibilité, d'instinct ou de s~ntiment dès qu'on les considère chez des ètres u:1 peu élevés dans la série organique. Or, il est bien difficile de ne pas Yoir dans ces rapports organiques, élérnentaiïes, nécessaires. la première manifestation de ce que nous appelons la sociabilit.'.: et le point de départ de la formation d"un rudiment de scciété. Nous savons que les fonctions. dites de relation, motilité et locomotion. ont leur raison d'ètre dans leur rôle vital, et constituent de véritables annexes de la nutrition. comme le prouvent leur interYention actiYe dans les différent-::s fonctions d'alimentation, de recherche • des aliments, etc., et leur retentissement sur la nutrition générale pa1-
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