DE LA LOI DE SOCIABILITE 281 les relations sexuelles des êtres inférieurs et, à fortiori, comme les relations simplement nutritives et génératives des sociétés animales rudimentaires. En un mot, la sociabilité comprend !"ensemble des modes de déterminations réciproques des êtres vivant en société : elle constitue la résultante, la convergence, !"unification de ces déterminations et de leurs répercussions : ce sont précisément ces répercussions, ces contrecoups qui constituent \'individualisation de la collectivité et engendre cet état solidaire collectif qui fait qu'aucun membre ne peut ètre modi11é sans que cette modification se répercute, se détermi:1e plus ou moins sur les autres membres, proportionnellement au degr~ de correspondance de ces membres entre eux. C'est dire que la sociabilité doit croitre dans son intensité et dans la multiplicité de ses mnnifcstations au fur et à mesure du développement et de l'organisation sociale. cc qui est parfaitement en rapport avec tous les faits connus. Bien plus. la sociabilité ainsi envisagée con1111ela sensibilité collective du corps social, nous devient en même temps la source et l'explication des phénomènes intimes d'organisation sociale, en entrainant les adaptations et les correspondances d'où naissent les fonctions sociales qui s'exécutent dès lors à la façon des fonctions physiologiques, gràce à la loi d' organisation. Nous comprenons a:nsi la genèse. le mécanisme de développement et le caractère automatique. organique d'une foule de coutumes. d'instincts et de fonctions sociales. II ORIGINEET DÉVELOPPEMENTDE LA SOCIABILITÉ A moins de nier la sensibilité dans la série animale, nqus ne pouvons pas admettre que des êtres vivants puissent vivre en même temps sans se déterminer réciproquement sous les divers modes d'actions qu'ils peuvent exercer les uns sur les autres; par conséquent, d'après la méthode naturelle de la formation, de la perception et de la connaissance, l'animal doit nécessairement commencer par recevoir, de ses semblables, un ensemble d'impressions qui les différencient de tous les autres êtres et phénomènes à un degré proportionnel à sa faculté de discernement. Nous avons vu que chaque genre d'influences ou d'excitations se renouvelant suffisamment engendrait une différenciation organique: c·est ainsi que nous avons vu s'expliquer la formation des sens par suite des différences génériques dans les vibrations sonores p:)ur l'ouïe, lumineuses pour la vision, olfactives pour l'odorat, gustati,,es pour le goût, etc., etc., précisément parce que nous ne pouvons
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