LA Rr.\'UE SOCIALJST!: Magalha~s Lima ... etc ... Cela n'est pas fait pour aller à 1'12nc0ntr~du socialisme. Enfin, en France nous avons c_onstaté que le mouvement communal socialiste faisait n;:iitre lui-même le besoin de la décentralisation. A Yoir d'ailleurs l'arbitraire dont use de plus en plus le gouvernement de la République bourgeoise Yis-à-vis de la classe ouvrière, on peut se demander si le peuple des \'illes telles que Marseille, Bordeaux, SaintEtienne, Lille.,. etc. ne finira pas par se révolter une bonne fois contre le despotisme préfectoral et par former avec les Yilles \'Oisines des fédérations socialistes de communes? Il n'y a p:is jusqu'à certains faits qui se sont passés chez les F::!ibres qui n'indiquent clairement que le mouvement fédéraliste doit marcher de l'avant et aller vers le socialisme. On trou\'era peut-~tre que nous nous appesantissons trop sur les détails. mais en France ou a centralisation jacobine, sortie des institutions monarchiques. est tellement entrée dans les mœurs, les manifestations fédéralistes nous semblent aYoir un intérêt tout particulier. En 187ï un félibre socialiste, M. Xavier de Ricard et son ami M. Fourès s'étaient appliqués à raviver dans les populations mér:dionales les souvenirs de la croisade albigeoise et des guerres de Simon de Montfort; ils fondèrent une société la la11séto à tendances tr~s fédéralistes, qu; eut une grande action dans le Languedoc. Mais pendant ce temps les Félibres de la rive gauche du Rhône. dominés par le cléricalisme, étaient surtout des réactionnaires; et quand on établit à Paris une société félibréenne, cette association, au lieu de reycndiquer les libertés du Midi, se contenta de diriger des manifestations d':1dmiration mutuelle. Cependant un travail se fit : en 1891 les Félibres élirent un Capoulié (chef du Félibrige) du parti de M. de Ricard, M. Félix Gras. après la mort du Capoulié clérical Roumanille. Et quelque temps après, à un banquet ofîert au nou\'eau Capoulié. MM. Arnourctti et Maurras, cléricaux d'esprit. mais préférant leur pays à leur conservatisme, lurent la déclaration fédéraliste dont nous a\'ons parlé plus haut. L'ancien Félibrigi! se trouva du coup désorganisé ; de nombreux Félibres passèrent à la fédération, tandis que les timides se cantonncrent de plus en plus dans le rôle littéraire. Maintenant MM. Xavier de Ricard, Amourett1, Maurras et d'autres Félibres, MM. Chabrier, Jourdanne,etc ... cherchent à mener une propagande très active. Ils font de nombreux adeptes, et ils veulent entrainer dans le mouvement les populations de la rive gauche du Rhône, comme M. Xavier de Ricard l'a déjà fait pour celles de la rive droite, Ainsi le mouvement félibréen fédéraliste deviendra de plus en plus un mouvement populaire. C'est en effet dans le peuple que la lutte contre le ddespotisme de la centralisation administrative plongera ses racines les plus puissantes.
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