l'.\lkmagnc d'inutiles conflits. en f.;arantissant aux régions la pll!s grande sommè d'indépendance. Mèmc en Autriche. où le mouvement des races L:st si prononcé, on peut très bien ap~rceYoir le mou,·ement économique marchant aYcc lui et !e poussant au so.::i:,lisme. Cc n\:.-t p:is un simple lias:irci si les Tch~ques ïorment en Bohème la population ouvrière, tandis que les possesseurs de lïndustrie sont Allemands : il y a 1~des concordances néœssaircs qui donnent toute son intensité à une agitation. Je sais bien par contre que les grands propriétaires du pays sont Tcheques. mais ces grands seigneurs. d'esprit et de dcsirs conserYakurs. sont pour la plupart les plus ïermcs soutiens de l'Empire d'Autriche : ils se garderaient bien de s·allier au p1rti des Jn111,·~ T,·béq11es. N'oublion.:; pas non plus qu'au sud de la Leitha. les SlaY~s de Hongrie ont des mœurs co111munistes tri:s acccntué.::s. " E:, dehors de la Russie, la la,·ie Hon~roiSL'. dit E. Reclus, est la rég-ion du continent où les paysans ont le 111ieuxgard0 lc.:spratiques de la cu1ture en commun ... ,, Et E. de l.aYeleyc a insisté. dans son beau lin~ sur la propriété. sur l'importance économique de ces Zndm;,1s ou farnilks associées pour le travail et passant la Yic en commun. Le gou,·ernement hongrois au contraire est imbu du droit romain le plus pur: et ce n'est pas là une des moindres causes de la haine que lui vouent les Croates, les Slo,·aques et les Serbes. Que pour le moment toutefois la question ethnique domine ck1. les peuples Slaves de l'Austro-Hongrie. cda est naturel. Des races qu'un despotisme étranger a m~int~nues si longtemps opprimées ne peuvent pas se relever sans sentir s·éyeiller en elles l'orgueil national. sans manifester une exaltation chauvine contre leurs oppresseurs. Des conflits sanglants et de nombr-!uses divisions (mème entre les difTl'.:- rentes branches de la mèmc race) s·ensuivront peut-être: ces peuples ont encore à gravir en entier un degré de développement 50ci:d. avant d~ se trouver véritablement chez eux. Ce::,t alors seulement qu'ils seront poussés par les besoins économiques communs vers la Fédération sociale, garantissant les autonomies locales. Mais l'on sait que notre temps marche vite pour parcourir les étapes de l'humanité! En Italie et dans la Péninsuk lbfrique les hommes qui veulent décentraliser l'état appartiennent (la plupart du moins (1), aux partis les plus avancés. En Espagne et dans le Portugal peu de républicains sont opposés à la fédération des deux pays; et l'on Yoit se su ine dans le mouvement fédéraliste, des hommes tels que le radical Pi y Margal, le philosophe et l'historien démocrate Théophilo Braga, le socialiste ( 1) Les Carlistes se mêlent bien en Espagne à l'agitation régionaliste, surtout chez les Basques et les Navarrais, de mème que certains conservateurs revendiquent eux aussi la fédération, mais le mouvenwnt federahste qui s· ctend sur toute la peninsulc n'en est pas moins un mouvement franchement republicain. 18
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