La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

!.,\ REVUE SOCIALISTE mais b colonie sortirait rortiÎli.:e de cette crise, ta:1di:::q. ue la n~ère r::;tric y aurait perdu sa principale industrie. Etant donné l'autonomie administrative qu'elle s·estcréé~. le développement économique et socia qu'elle a atteint, l'Australie n'entïera cbns une fédératioi1 avec l'Angleterre que si d.;s intér.::ts co111m L! ns a~1solu111entri.:els en dépendent. La classe ouvrière est très puissamment organisée en Australie: elle _va fait triompher une sorte de socialisme municipal qui rend la communauté maitresse de grands travaux çt de grandes entreprises. Les ouvriers coalisés dans leurs Trades 1111io11s se :;.oucieront peu de se laisser i111poserpourdesarmements plusou mcins illusoires. entrepris et dirigés par les c:initalistes. Ils ne ,·oudront se fédérer a\'ec l'Angleterre que pour les besorns de la class~ ounièrc: en d'autres termes. une organisation socialiste seule sera capable d'établir la fédération. Mais ce n'est pas là tout-à-fait le rèvc de l'l111périnlfrdérr.lio11Lcng;;c qui suit l'intérd d'une minorité: l'intérèt des possesseurs anglais. Il en serait de mèmedu Canada d'un développement autonome encor.:::plus considérable que J'Australi~. et de l'Afrique du Sud: ces colonies ind~pcndantes nous fourniraient tous les exemples n~cessaires dans leur production minière. d'une richesse extrèmc, et dar\s le:.?r ce,mmcrcc. Quant aux colonies qui, comme les Indes etde :-,ombreuses iles d~ ro..::~an lnciien et du Pacifique. sê trouvent sous la dép::!ndance directe et militaire de l'Angleterre. clics ne seraient pas encore destinées à entrer dans la Fédérntù111i111j)érialc: faisons remarquer toutefois que si jamais la mère-patrie se mettait dans le cas d'en venir aux mains avec ses coloï1ies à administration autonome, les autres, qui contiennent des éléments sans cesse prèts à se révolter. porteraient bien Yite à son comble !"anarchie de l'Empire britannique. L'Empire d'Allemagne prouve bien encore la nécessité pour ks fédérations de reposer sur des intérèts économiques réels. A Yoir le despotisme unitaire et centralisateur de l'Empire allemand, on ne se doutt'rait pas que sa constitution est fédérative: il en est ainsi cependant. la politique a réalisé cette belle anomalie. Comme les intérèts politiques sont d'une nature assez subtile, la ?russe s'est adjugée 17 ,·oix dans le conseil fédéral de l'Empire, et la B:wière n'e!1 a eu que 4. Les autres voix ont été rép:irties de façon a donner toujours la majorité à la Prusse. Si parfois les princes réclament, ainsi que l'a fait cette année le roi de Wurtemberg. au sujet des ~,rn1cments, l'empereur a toujours le droit de les ramener à " l'accomplissement de leur devoir"· Les princes supportent là les conséquences d\111 état de choses qu'ils ont créé. et qu'ils ne changeront pas. Seule u:1e féckr~üion satisfaisant les besoins réels des contrées. et rnaintem:e p:n lc.s liens naturds des nécessités mat~rielles, pourra épargner ù

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