La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

vitalité, une c1p:1cité d~ s·agiter qui profitera au socialisme. QJ:1nd le., Irlandais, les Gallois, les Ecossais, auront leur gowuemc11;l'llf l°IJC{ mx et non plus à Londres, il leur sera beaucoup plus facile de suivre IJ. marche des affaires et d'y p:irticiper. Les socialistes pourront bien plus aisément montrer au peuple dans leur détail, les défauts de l':1dministration capitaliste et faire de !a propagande en nie d'une administration meilleure. Aussi, le célèbre député socialiste, M. Keir Hardi.:! est prêt à soutenir avec ses amis. les projets de fédération qu'on désire appliquer au Roya11111c·-U11i: Ecossais, il est lui-même membre de b Scottish HJ111R::11/eassociatio11. Et. en eff~t. délivrés des liens d'une centralisation despotiqut. les peuples fédérés de la Grande Bretagne et de l'Irlande seront Yite sur la voie d'une indépendance morale plus complète. garantie par la sécurité matérielle et économique. Leur agitation fédéraliste rece\Ta sa satisfaction l~ plus élevée dans l'émancipation socialiste. C'est au co!1traire en allant dès le principe à l'encontre de Yéritables besoins économiques des populations, et à l'opposé du socialisme,. que le projet de fédération entre le Roya1111;c?-U11i et ses colonies. tel que l'entend I' !111périi1F!édér.1tion [l',1g11e, n·a pas chance de succès. Il ne s·<1git pas là de procurer plus de liberté ou de bien-être aux habit:mts,des colonies, nnis bien. comme nous l'avons vu, de les imposer davantage. L' !111péri1F1é!d:ralio11Leag'/1(: comprend d'une façon très spécieuse les intérêts des populations. Prenons p:ir exemple l'Australie. Voilà une colonie (si l'on peut appeler ainsi cet immense pays). qui tire surtout sa richesse de l'élevage du mouton. 100.000.000 moutons y paissent annuellement et leur laine est expédié~ à la mère-patrie, pour alimenter les grandes manufactures du Yorkshire et de l'Ecosse. D'où lien indissoluble entre l'Australie et le Royaume-Uni. disent les l111périafledcm/ists. c'est-àdire pouvoir pour celui-ci de demander à la colonie l'argent quïl lui plaira pour l'entretien de la marine de guerre, chargée de protéger le commerce ... , etc .... Mais, supposons les choses au pis et les communications interromp~1esentre l'Angleterre et l'Australie. Qui en paiera les conséquences ? Les c1pitalistes anglais, possesseurs de manufactures, seront ruinés; et leurs ouvriers pri\'és de tra\'ail devront faire ce que les Anglais ont toujours fait au moment des fortes crises, ils devront émigrer. Mais !'.Australie n'est-elle pas capable d'élever des manufactures. de tissage, si elle ne trouve pa3 de débouchés étrangers pour ses laines? Ni les. colons, ni les émigrants. ni les matériaux, ni le sol ne lui manqueront pour cette œuvre. L'Australie, on le voit, resterait maitresse de la situation. Je ne dis pas que cela ne lui ferait pas subir à elle aussi une grande crise,.

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