266 LA REVUE SOCIALISTE latic-,ns des trois grandes zones: haute. moyenne et ra~.se Italie. La garnison d'Alexandrie comprend donc aussi bien des h2bitants de la région -de Naples et de Rome que des habitants du Piémont. De mème la garnison de Rome ... etc. Mais cette nécessité pour un Napolitain lie vivre p~ndant trois années cote à cote avec un Piémontais. au lieu d'adoucir les diverge,~ces entre ces deux hommes, ne fera-t-elle pas au contraire que les augmenter? Car il y a là une contrainte étrangère, une contrainte venant d'un gouvernement qui ne \'Oit ni Piémontais, ni Napolitain, ou plutèt qui ne veut plus ni de l'un ni de l'autre. Et cependant le Piémontais, ou l'hcmme du Nord, a l'habitude de se servir du mot Napolitain (Napoktano) comme d'un terme de mépris. Tandis que cet homme du Nord est rétiéchi et laborieux. le Napolitain vit au soleil dans un far riicntc à peu pr~s perpétuel. Je ne veux pas dire que ces différences de caractère ou d'autres traits analogues suffiront pour rompre l'unité de l'Italie, mais elle~; dénotent un état de choses qui pel!t aller en s'accentuant et pour lequel une constitution fédérale serait sans doute préférable au régime centralisatem actuel ( 1). En Espagne l'agitation régionaliste devient de plus en plus intense. Nous sommes atteints de régionalisme'. disait dernièrement un célèbre -chef de parti, tandis qu'il renonçait à la vie politique. Et en effet, il n'y a pas seulement dans la péninsule un mouvement de races telles que les Basques et les Navarrais, les Aragonais et les Catalans, les Valenciens ,et les Andalous réclamant leur autonomie afin de rentrer en possession de leurs Fuéros de leurs Co1111111111éï0s ... etc., formes diverses de la vie ,communale ou municipale: à cela s'ajoutent des désirs très marqués de fédérer les différentes régions du pays, pour leur procurer une liberté .aussi grande que possible. et mettre fin à la séparation de l'Espagne et du Portugal. Cette année, ces idées fédéralistes s'exprimèrent de la façon la plus nette au Congrès républicain de Badajoz où les deux nations furent représentées : la Fédération Ibérique sera formée des républiques -d'Espagne et de Portugal. tel a été le vœu de la plupart des congressistes. Quant au nombre des républiques intérieures, ou régions autonomes de la Péninsule, les avis sont partagés à ce sujet. Laissons toutefois la parole à l'un des chefs du mouvement républicain portugais. à M. T. Braga : ,, Quand la république aura divisé l'Espagne en états en autonomes Galice, Asturies, Biscaye, Navarre, Catalogne, Aragon, Valence, Murcie. ( 1) Ce qui donne d'ailleurs a cela une certaine gravite. c'est l'ctat des finances de l'Italie : le royaume est des plus obc'ré, et l'on sait que le gouvernement tire 1Tes peu des provinces du Sad et y d<.'pcnsc-beau:oup, et ,111:I tire bca·.,coup ècs p ·oyir.ccs ,du l,ord et y dépense peu.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==