La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

ACTIO>l D~CE~TRAl.!SATRICE DU SOCIALIS:'IIE (Jï~:1ad~, Andalousie, Estr,:imadure, NouYelle-Castilk, Vieille-Castille et L~o!1. c'est :dors que le Portugal, r.yant son autonomie garantie, pourra <.:!1trçrlibrement dans la constitution du pacte fédéral des états libres péninsulaires ibériques" (1). Bien des fédéralistes ne veulent arri\·er que graduellement ~t ces no:11breuses autonomies. li ne faut d'ailleurs pas se faire iilusion sm la difficulté qu'éprouvera un pays aussi énervé que l'Espagne à r~aliser de semblables desseins. Nous ne pouvions mieux \·oir en tout cas qu\111e tr~s vi\·e opposition se formait dans la péninsule contre le régime centralisateur des états actuels. (2). En France, où l'hornogénéitc: de la race et l'uniformité des départ~m12nts ont été accomplies aussi entièrement que possible, un sourd mi..:ontenternent n'est cependant pas sans se manifester co;1tre la centralisation administratiYe absolue de l'état actuel. M. HoYelacque, dépd-? de Paris, que de remarquables traYaux ethnologiques plaçaient particulièrement bien pour interprèter ce mécontentement. a rnèmt: déposé un projet de loi réorganisant le svstème départemental du territoire sur des basès naturelles très décentralisahces. Et nous devons remarquer que le mouvement communal socialiste. si prononcé en Fra!Ke, a un caractère absolument décentralisateur. Ce n'est pas la partie des programmes municipaux la moins alléchante pour les électeurs socialistes que celle où est re\·cndiquée \'autonomie communale. La tranquillité de la bourgeoisie troll\·e vraiment trop son compte à ce qu'un gouvernement, siégeant à Paris, puisse ordonner à son préfet de casser ce qu'auront décidé par exemple les élus de la ville de Narbonne. Il y a là des procédés de régime césarien qui font de la centralisation une des plus dures entra\·es aux tranformations sociales. ,, Une république unitaire et absolue, dit Emile de Laveleyè . .:omrne celle qu'on a toujours \·oulu en France, est une anomalie. La France est maintenant en république. mais rien de ce qui existait n'a été changé dans ses institutions. ,, Seuls, les socialistes poursuivent la refonte g~nérale des institutions du régime actuel. On ne peut toutefois passer sous silence les tendances fédéralistes qui se sont fait jour dans la société des Félibres. Les Félibres représentent la littérature, la langue, la race méridionale; ils sont un exemple .:urieux des survivances ethniques dans un pays où, depuis la croisade contre les Albigeois, le despotisme capétien avait étouffé la voix de la lc111g11e d'Oc. Une bonne partie des Félibres restent de simples littérateurs; mais la portion active de la société est allée plus loin et a reven- (1) La récente agitation des Basqu<'s, qui a été snr le point de gagner to::te \'Espagne, est encore une preuve decisive de l'unité arbitra'rc et factice, <]u·a crec!e la Monarchie Espagnole. (::) La Fédérat:'011lbéri,711c par ikgalhaë~ Lima, p. 161

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