ACTION DÉCENTRALISATIUCE Di..J SOCIALISME rn~rne temps que les problèmes é.:oncmiques les plus impérieux, les questions ethniques les plus viva.:es; il a mis vigoureusement la main au travail du bien-ètre matériel des peuples, et de leur indépendance 111oral~. ~1e de siècles de compression ou d'ignorance pour lîrnmanité ! Si les Tchèques du Nord de l'empire autrichien furent forcés de taire leur langue., les Roumains du Sud qui sont" après les Magyars. la nation de Hongrie et de Transylvanie la plus considérable par le nombre"(1), n'ignoraient-ils pas, il y a cinquante ans à peine, leur propre exisknce? Bergers nomades, ou bùcherons, ou journaliers, ou ouvriers des mines, les Roumains se désignaient alors par quatre ou cinq noms diffé~ents. Maintenant on les a vus tenir, tout récemment encore, un congrès national à Hermannstadt pour protester contre l'hégémonie hon- ~roise. Il est inutile de chercher à ·prédire plus ou moins exactement k moment où ces races, revenues à la vie. feront subir aux Etats centralisateurs et artificiels, tels que l'Austro-Hongrie, une dislocation complète : ayant pris conscience de leur être, elles veulent leur affranchissement. Et que sera-ce quand leurs voisines, les peuplades de la Russie, seront sorties de leur long sommeil? D'une façon générale, les peuples latins poursuivent moins la décentralisation de l'Etat que ceux sur lesquels nous venons de jeter les yeux. « Cette chaine qui tient les peuples latins, qui entrave tous leurs élans, écrivait dans cette Revue (2) M. Malan, ce sont les quinze siècles de monarchie absolue, de cléricalisme oppresseur qui ont rapetissé les cerveaux de nos pères et qui attaviquement resserrent encore nos facultés compréhensives. Avant que nous puissions, vaillants et forts, aller à l'avenir et fonder la fédération des Etats-Unis d'Europe, il est indispensable de nous débarrasser du passé." D'ailleurs, comme nous allons le vcir. les peuples latins ne sont pas indemnes de la nécessité de se décentraliser. Il n'y a pas jusqu'à l'Italie où la tyrannie centralisatrice du nouvel état n'ait fait apparaitre quelques tendances dangereuses pour l'unité de: la jeune nation. , Cependant jamais unité ne fut fondée dans un pareil élan patriotique. Mais la preuve que cette unité est peut-être moins complète et moins vivace qu'on ne le .:roit généralement, ce sont les mesures toutes spéciales que prend le gouvernement italien pour mêler les éléments des différentes régions du pays. Sauf les bataillons alpins, chargés de la garde des frontières Nord, tous les autres régiments doivent se recruter à la fois parmi les popu- (1) E. Reclus, {J'{_o:wc/leCiogrnphie 1111/i•ersellc, t. Ill, p. 350. (2) 15 mars 1893, p. _,33.
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