La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIAL!STt nomie en t867. Ils ont depuis ce jour leur diète à eux, cornposé2 de deux parlements n'administrant avec les parlements de Vienne que les affaires étrangères, la défense et les finances communes. Mais ce dua1isme constitutionnel fut loin de résoudre la questi-:-,n des races de l'Empire. Le gouvernement de Vienne avait dù abdndonner au gouvernement de Pesth, tous les territoires au sud de la Leitha, aff1uent du Danube qui coupe à peu près par le milieu les possessions des Habsbourg. Et il y avait là, à coté des Hongrois: des Serbes, des Croates, des Slovaques, des Bulgares. peuplades slaves, sans compter les Roumains, peuplades latines. etc ... Ces populations sentirent s'appesantir sur elles un despotisme plus dur que l'ancien, le royaume de Hongrie .:-'étant centralisé encore davantage que ne l'avait fait l'Empire d' Autriche. li faut ajouter à cela des haines anciennes; les Slaves se souvenaient du vieux dicton Magyar : " Le Serbe n'est pas un homme ! ,, On conçoit que l'administration centralisatrice de Pesth n'ait fait que raviver de pareilles inimitiés. Le gouvernement hongrois fut mème obligé dès l'année suivante.de son établissement, d'accorder aux Croates une sorte de Ho111c Rule. une diète à part. mais cette diète ne posséda aucune puissance effective. Les députés _Croates eurent bien c1ussi la permission de parler leur langue dans le Parlement Magyar. Pou~ vaient-ils seulement en user ? Aussi ces avantages illusoires, qui du reste ne s'adressaient qu'aux Croates, furent incapables de détourner la haine des populations Slaves, dépendantes du nouvel Etat; et cette haine s'amoncelle de jour en jour dans le cœur des opprimés. Au nord de la Leitha, la situation est tout aussi tendue entre les populations de l'Autriche. Là. les Tchèques. les Polonais, les Moraves, les Slovènes, les Ruthènes, au nombre desquels se trouvent aussi les Russes, sont soumis aux Allemands de l'Empire. Une agitation très intense se poursuit contre le gouvernement centralisateur de Vienne : elle est surtout viojente chez les Tchèques qui forment la majorité de la population de la Bohème et qui posssèdent un parti politique très avancé, les Je1111cs-Tcbéq11es, dirigeant une opposition singulièrement vive contre les partis de l'Empire. Le mouvement d'indépendance fut mème si impétueux que l'empereur d'Autriche actuel a été sur le point d'accorder à la Bohème une constitution autonome ( 1874). Mais il fallait dans ce cas en donner une aussi à la Galicie, une à la Carniole ... etc ... L'Empire n'en sortait pas ! Ce seront en effet les peuples qui feront leurs affaires eux-mêmes. Nous sommes loin du temps où les Habsbourg, empereurs d'Allemagne, infligeaient à la contrée Tchèque des persécutions atroces, voulant étouffer la langue de Jean Huss. Maintenant à Prague, non-seulement l' Allemand n'est pas enseigné à l'université Tchèque, mais son usage est strictement défendu dans cette enceinte de l'éducation nationale. Notre siècle pourra revendiquer la gloire d'avoir fait surgir, en

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