ACTIOK DÉCENTRALISATRICE DU SOCIALIS~·:1é -,< cirait une province prussienne. Autrement dit. 1111,c-,w1Jûg11·rvirlrr_ .{'//Sl' .,, serait la .fin de la Bavière." Le Boyrische Vnfcrln11d (1) auquel j'emprunte ces paroles, n·cst nu lie ment un journal rholutionnaire: il est uniquement l'interprète l~es sentiments locaux du pays, des désirs de la 13aYière de reprendre une vie consciente d'elle-mème. Car, plus le despotisme de la centralisation militaire prussienne met d'entraves à !"expression locale. plus les contrées de l'Allemagne sont désireuses de secouer le joug. de se conduire sui,·ant leurs aspirations. de jouir des a\"antages économiques que leur a donnés la nature. Et il suffira peut-être d'un incident, d'une exigence un peu trop forte d'un empereur trop pénétr~ du caractère personnel de sa mission, pour que le grand échafaudage que représente l'Empire d'Allemagne découvre tout l'artificiel de sa constructio11. c.t cède sous la poussée vigoureuse et populaire des régions du pav~ recouvrant leur propre existence. . Nulle part, plus qu'en Autriche. le peu de cohésion des Ebts modernes et leur constitution factice n'apparait davantage. La question des races s'y voit dans tout son jour, montrant jusqu'à quel point les instin..:ts les plus naturels des peuples pell\·ent être sacrifiés à l'ab~~urde assemblage d"une centralisation césarienne. L'Austro-Hongrie est une mosaïque de peuples les plus diYers : Allemands, Magyars ou Hongrois, Slaves (dont 13 branches différentes) (2) qui ne sont réunis clans le mème état que par le besoin des souyerains ,·oisins de ne pas se sentir trop rapprochés l'un de l"autre. Ces populations d'esprit absolument diftërent sont maintenues sous le joug politique de !"Autriche. afin que le Tsar. ne pouvant mettre la main sur la partie slave des possessions habsbourgeoises ne vienne pas borber les territoires allemands d'une frontière trop menaçante. On a Yu des combinaisons politiques assez analogues se produire pour un petit pays, la Belgique : afin d'empècher la France de s'étendre \"ers le Nord, l'Angleterre a taillé !"état des Cobourg dans deux peuples de tendances très diverses. les \Vallons et les Flamands, dont les oppositions YOnt maintenant en s'accentuant tous les jours. En Autriche, ces raisons d'Etat, écloses dans les chancelleries des Empires, ont déterminé de grands déchirements entre les populations: le territoire des Habsbourg forme mème pour ainsi dire déjà det..x états. Les Hongroi~ n'ayant pu supporter la centralisation du gouvernement qui envoyait ses ordres de Vienne. ,·ille allemande, se révoltèrent, et, après des luttes terribles, finirent par conquérir leur auto- (1) La 'Patrie '73avaroise. Munich. (2) Dans le nord cc sont : les Tchèques, les Moraves, les Seovènes, les Polonais. les Rhuthènes avec des Russes: dans le sud, il y a des Serbes, des Croates, des Slovaques, des Bulgares. Aux races allemandes, hongroises et Slaves de I' Austro-Hongric. il faut ~jouter des lt:ilicns. des Frioulans. des l.adius, des Roui.sains, d<'< Grecs. c'es Albanais. - E. ~ec/us, nouvelle géographie universelle, T. Ill p. 340 cl suiv.
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