La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

ACTION Dl~CENTRALISATRICE DU SCCIJ\L!St,'.!-. ra venir au gouvernement général de tout l'Empire. L'Angleterre, que l'or.i dit si soucieuse de ses colonies est, on le voit. en retard sur la France, au point de vue des droits politiques qu'elle accorde à ses colons. Le Français émigrant en Algérie continue à pouYoir envoyer un député au Palais Bourbon. L'Anglais allant en Australie perd toute action sur la Chambre des Communes; il n'y délègue aucun représentant et ne concourt plus en rien au gouvernement de son pays. Aussi un esprit d'indépendance considérable a-t-il été le résultat de ces mœurs politiques de l'Angleterre pour des colonies dont quelques unes sont aujourd'hui plus vivaces. plus prospères et plus avancées que la mère-patrie. Les vieu~ partis politiques réussiront-ils à affaiblir une telle indépendance en décrétant la fédération, qui généralement sert à donner plus de liberté aux coatré~s auxquelles on l'accorde? Je ne sais si les habitantsduC:anada,oudel'Australie,ou de l'Afrique du Sud seront très sensibles aux propositions de l'Angleterre de recevoir leurs députés dans un parlement impérial. L'Angleterre, en tout cas, entend se faire payer: son but est dïmposer aux colonies des charges correspondantes à leur participation au gouvernement de l'Empire. Jusqu'à présent l'habitant de l'Australie, du Canada, etc,, ne dépensait rien pour l'armée, la marine de guerre, les rapports internationaux. en un mot, pour les affaires générales de l'Empire. L' !111périaFl édératioa Lcag11c trouve quïl est temps que cela cesse et que les colonies, entrant avec 13 mère-p:ltrie dans une mèm~ fédération, endossent leur part de ces charges publiques. Mais l'arme de la fédération, ainsi maniée par d'anciens partis, absolument ignorants des besoins économiques des peupl-:!s, risque, comme nous le verrons, de se retourner contre ceux qui l'aurnnt employée. On conçoit qu'une fédération imposée par un vieil Etat dans le but de soutirer de l'argent à de jeunes et vigoureuses populations, loin de renouer les liens qui existent encor ... entre l'Angleterre et ses colonies, ne fasse au contraire que les rompre et paticiper la disloca tion de l'empire. Si, en' continuant par les pays germaniques, nous passons à l'Allemagne. nous aurons devant les yeux un spectacle de dislocation tout aussi frappant, quoique limité à des territoires moins vastes. La Prusse a maintenu jusqu'à présent l'unité du nouvel Empire au moyen d'une centralisation inflexible, fondée par la main de fer de.Bismarck, dans le triomphe de la dernière guerre. Mais les Etats despotiques et militaires ne sont-ils pas plus fragiles qu'ils ne l'ont jamais été, en ce temps où pour tous les peuples souffle un vent d'ém!ncipation ? Le mécontentement n'a d'ailleurs pas été long à se produire contre l'hégémonie prussienne, au sein mème de l'Empire. Les princes ont vu leurs royaume.; devenir les états du roi de Prusse, les peuples ont senti leur~ aspirations et l~urs besoins complètement étouffés par la tyrannie I rl.!ssiennes. Toute la vie politique, économique, littéraire, artistique da: la nation a . .

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==