La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVLiE SOCIALISTE moins cieux co1~~titdion:, et l'administr~ition de l'il-:!-sccur sera indépendante. Mais ce n'est pas tout. les Ecossais et les Gallois réclament de leur coté ce que la Chambre des Communes a \'Oté en fa\'eur des Irlandais; ils désirent avoir eux aussi leurs gouvernements chez eux. Une Scottish Hollle R11leAssociation (association du Hon°e Rule écossais), s'est dé\'eloppée sur toute l'étendue de l'Ecosse: des sociétés à tendances fédéralist2s prospèrent dans le pays de Galles. lJn mouYernent très intense a pour but de transformer fr Roya11111e-U11i en une fédération de plusieurs contrées. Les Irlandais et les Gallois sont des Celtes, mais les difféïence~~ géogranhiques ont donné à leur race des déve!oppernents différents: les Ecossais se distinguent des Anglais par le s,rng et p:ir le'.~rnœurs: ces trois peuples ont as~e;.,.de l'hégémonie de Lond;cs; l'esprit des différentes races. les besoins particuliers des diverses régions tendent à se garantir les libertés nécessaires à leur épanouissement. à s'accorder une administration réellement consciente dccequ'ils sont et di recternent en rapport avec eux. Et si de la patrie elle-même nous passons aux colonies, nous nous trouvons en présence de désirs d'indépendance encore bien plus forts: c~la ne fait de doute pour personne que l'Austr::-.lie. le Canada, l'Afrique dei Sud, les Indes se rattachent par des liens toujours plus faibles à l'Empire de la reine Victoria. Les Anglais ont tellement senti que leurs colonies se pr~p:u:\Ïent à leur échapper quïl s'est passé parmi eux un phénomène bien curieux. Tandis que c'était surtout \es radicaux et les socialistes qui r~clamaient la féckration pour l'intérieur du royaume. et qui dJsiraient déserrer ks nœuds de la centralisation entre l'Ecosse. le Pays de Galles. l'Irlande, et même plusieurs régions du territoire Anglais proprement dit ( 1); on a vu les plus purs conservateurs se mettre à invoquer aussi le principe fédératif, mais dans un tout autre but. pour l'extérieur.atm de renouer au contraire des rapport:; plus intimes et plus constants entre l'Angleterre et ses colonies. Une h11péi,n! Fédérntio11Lcag11e (Ligue de la Fédér~llion impériale) s·est f~rndée. comprenant k'., membr~s de la plus vieille noblesse du royaume. Je ne veux pas dire qu::: les hommes d'opinion avancée ne soient pas en faveur de cette ligue: mais le mouvement qu'elle dirige est un mouvement nationaliste centralisateur. au lieu d'ètre, comme les mouvements qui ébranlent l'intérieur du pays, absolument décentralisateur. L' Impérial Frdérntio11Lr:agl!c demande en effet que les colonies, qui comme le Canada. l'Australie et l'Afrique du Sud, ont atteint un développement social tel qu'elles se gouvernent maintenant d'une façon pour ainsi dire complète, à l'aide d'assemblées locales, participent à (11 Ce.rtains fédéralistes veulent s<'parer ks comtés du Nord de l'Angleterre de ceux ù1 Sud, et conner à Londres une autonomie complète.

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