La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

1.A QUESTI0:-1 SOCIALE DEVANT LES CO;{l'S loLUS 221 Ct•sl dont: dans ces t:in:on:,tant:es que, sans r:11s)n 1101111.:-st.;.1:.11:n;ét:e.,- sité publique, le Gouvernement a réveillé un.:: lutte qui paraissait étt:inlt!. (Tr~s bien!) M. le Ministre nous avait bien dit: << Jt: ne rt:!..:uler:1dievant rien )>. Et, ..:omme je lui faisais observer que b question dl:! la Bourse du travail ne se posait pas ~eukment :1 Paris, qu'elle se posait d,111s10 ou ;; autres ville, et qu'ainsi il ne soulC::verait pas la guerre 11 Paris seulement, mais dans ,; centres de province, il 111·avaitrépondu: « Je n'hésiterai ra~: je fl:!raien provinœ cc que je fais i1·Paris »· Bien plus: le jour même où les troubles avaient ..:és-.é.oit il était évident que l'émeute tentée par quelques brùleurs de kiosl)ues 11·:1uraitpas de suite pui::.t1u·.::11éetait sans objet. le Ministre nous annon(:tit qu'il attendait des troubles graves dans la soirée! En effet, l'émeute était 11peine éteinte au quartier latin qu'elle se rallumait placi;:de la République. autour de la Bomsc du travail. J'avoue que j'ai calomnié un parti politique; j'ai dit au ouvriers que le:, gens qui tranportaicnt les troubles ;1leur porlt: étaient intére!,sés à di créditer la République: et voulaient pour cela cntralnt:r les syndicats tbns le mouvement. Je les ai ..:onjurés de ne pas tomber d:ins le pi~ge qui leur et:iit tendu et de rester sourds i1 toute provocation. j'ai exposé œttc situ:ition 11 M. le Ministre de l'Intérieur cl j'ai constaté l)UÏI était désolé que le désordre qui séviss:iit :1l'exterieur n'eùt pas pénétré dans la Bourse 1111:mdeu tr:ivail. (Bruit.) , M. LI- PRtffT DE LASrn:E. - Comment pouvez-vous dire cda ! M. ALPHONSHEu~rnr:n. - Je ne sais pas par qui ont été payés les émeutier, du Ch:iteau-d'E:iu. Mais cc que je sais, c'est que le gouvernement :i été tres mé..:onlent de voir le calme persister :1 la Bour~e du lr:iv:iil. (Très bien ! sur un grand nombre de b:rncs. - Protest:itions sur d':iutr::s.) Cc c:ilme. je le répde. a gravement mécontenté M. le président du conseil, parce que la moindre résistance clÎt justifié l'acte qu'il méditait pour le h::ndem:iin. (Bruit prolongé.) M. LEPRÉI ET DE LAS1:.1N-1:.. Comment pouvez-vous croire œla ! M. Fouss11R.- Il n·y a qu'un seul cri dans la population. c·cst que 111 un ouvrier, ni un étudiant. ni un socialiste n'ont pris part aux de~lructions de -:es derniers jours. Q.!1idonc les :i commises? Cherdiez. M. ALPHONSHIu.\\Bl·.RT-. Personne ne peut douter de l:i modération 111 de b sincérité de mon langage. M. LE PRÉl'l'T DE LASrn-.E.- Je ne doute pas de la sincùité de votre langage; il m'étonne, voil/1 tout. M. ALPHONSHEUMBERT- . Il y a longtemps quc j'ai pns l'habitude de résister aux incitations du vieil esprit révolutionnaire qui peut-2lre sommeille encore en moi, et, puisque je dois vous faire connaitre la situation complète. je le fais dans les termes les plus modérés, avec le seul d~sir d'établir froidement l'absolue vérité. M. LE PRÉFET DE LAS1::1N-E. Je ne vous incrimine en rien, je dis seulement que vous vous trompez.

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