La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA QUESTIO~ SOCIALE DEYANT LES CORPS ELUS 2 l 9' M. MILLERAN-D. Je vous demande p:irdon : brutalement; car j'appclk fermer brutalement. .. M. 1.EPRÉSIDENDTUCONSEIL-. Vous n'avez pas voulu imprimer le mot; il a répugné 11quelques-uns d'entre vous, qui ont trouvé que la vérité aurait été vraiment trop brutalisée. Ne dramatisez pas les faits! M. MILLERAN-D. Je ne dramatise rien; vous savez qu'il n'est pas dans mes habitudes de dramatiser quoi que cc soit. j'expose les faits, et je vous dis simplement: Croyez-vous que b fermeture de b Bourse du travail, dans les .:irconstances de fait et de droit où elle s'est produite et sur lesquelles je ne reviens pas ... Croyez--vous, par hasard, avez-vous b prétention folle que cet outrage :1dressé :iux travailleurs de Paris ... (Vives exclamations :iu centre et sur divers bancs :1 gauche). M. LEMINISTRDEESFINANCE-S. C'est vous qui les outr:igez. M. MILLERAN-D. Va rester sans écho? Croyez-vous que les travailleurs de la France entière ... (Exclamations et rires au centre). Riez! interrompez! Nous nous rèlrouverons et nous verrons la suite. M. u, PRÉSIDENDTUCoNSEIL-. Nous verrons ccb au mois d'octobre. M. MILLERAN-D. En effet, nous verrons ..:el,1 au mois d'octobre (Oui oui! au centre). Et vous qui, il y a quatre ~ns, ainsi que M. Tony Réveillon le rappelait tout :1 l'heure, faisiez appel aux socialistes et aux travailleurs ... MM. LEBAR0:-D1E\IARÇAYD,ELMASe,t plusieur~ membres au centre.- Nous. Jamais! M. lvl1LLERAN-D. Comment! Mais, moi-111ème j'ai eu 11interve11ir pour des 111odérés,pour des candidats du ce11trequi ré..:lamaie11tl'appui des travailleurs socialistes, et si vous voulez je dirai les noms. (Sur divers bancs). - Oui! oui ! dites-les. M. MILLERAND- . Tres volo11tiers. Je n'éprouve aucun e111barrasà les 11ommer, car ce qu'ils ont fait à cette époque je 11ele leur reproche pas; ce que j.:: leur reproche, c'est d'oublier aujourd'hui ce que les tr:ivailleurs 011t fait pour b République, il y a quatre ans. (Interruptions). M. LEPRÉSIDENDTUCONSEIL-. Nous sommes tous des travailleurs! M. MILLERAN-D. Eh bien! prenez garde que dans quelques semaines, lorsque vous voudrez refaire au second tour de s.:rutin, cette alliance d'autre-· fois, et lorsque vous montrerez aux socialistes et :iux travailleurs l'ennemi prétendu en disant: Il est à droite! prenez garde qu'ils ne vous répondent: '....'ennemi. nous l'avons trouvé dans ie parti républicain lui-111è:11e. Cette grave affaire a eu de l'écho dans une autre enceinte. La question a été traitée d'une façon fort remarquable dans la séance du 8 juillet du Conseil municipal de Paris par M. Alphonse Humbert, président de cette assemblée. Nous croyons intéressant de reproduire ce discours, qui donnera à nos lecteurs une connaisance plus complète de l'affaire :

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