218 LA REVUE SOCIALISTE M. MILLERAN-D. On a lancé une dénonciation contre la Bourse du travail. Je dis que lorsque le Gouvernement change l'état des choses qui existait avant lui pour marcher contre les ouvriers ... (Non! non! au centre) et la Bourse du travail ... (Nouvelles dénégatio11s sur les mêmes bancs). M. LEPRÉSIDENDTUCONSEIL- . Le Gouvernement n'est à la suite de personne. M. Mu.LERAND- . Vous pouvez le dire, mais personne ne vous croit, parce que vos actes vous démentent; parce que vos paroles sont en contradiction formelle et tlag1:ante avec tout ce que vous faites; parce que si, depuis huit jours, nous avons la douleur de constater à Paris des désordres qui ne s'étaient pas vus depuis que la République existe ... M. MILLERAN-D. ... Il faut le dire très haut, car c'est la vérité et que la pl:lce n'est plus aux ménagements parlementaires, la faute en est aux hommes ~1uisont là, au banc du Gouvernement. (Applaudissements à l'extrême-gauche.) Elle en est it leur irrésolution, à leurs promesses et à leurs paroles, colportées partout et démenties le kndemain par les évènements, elle est à cette politique qui ne sait pas oü elle va. (Nouveaux applaudissements à l'extrême-gauche. - Interruptions et bruits au centre.) M. LEPRÉSIDENDTUCONSEIL- . C'est parce que nous le savons que nous la suivons. (Excla111ationset protestations à l'extrême-gauche.) M. M1LLERAN-D. Eh bien, si vous le savez, je vous plains sincèrement, parce que vous faites en ce moment une politique de provocations contre la classe ouvrière ... (Très bien! très bien! à l'extrême-gauche. - Exclamations et interruptions au centre.) M. Louis TERRIER,ministre du commerce et de l'industJ"ie. - Ce que nou~ provoquons, c'est le rétablissement de l'ordre public. M. MILLERAN-D. ... Parce que, comme le dis:iit tout à l'heure M. le président du conseil, obligés de choisir entre les difficultés présentes, vou; n'avez p.1shésité : vous avez été droit aux mesures à prendre contre les travailleurs, contre les ouvriers. (Vives dénégations au centre ... - Très bien! très bien! à l'extrême-gauche.) M. LEMINISTRDEESrlNANcEs.- Ce ne sont pas des travailleu1s ceux qui organisent l'émeute, et nous sommes contre les fournisseurs de l'émeute. (Applaudissements au centre. - Bruits à l'extrême-gauche.) M. PAULDECASSAGNA-C. Vous parliez autrement quand vous n'étiez pas ministre, monsieur Peytral. M. LEMINISTRDEESFINANCES- . Si vous êtes avec l'émeute, tant pis pour vous. Nous, nous so111mescontre. M. MILLERAN-D. Je rJpète que vous ne savez pas oü vous allez, ou, du moins, je l'espere pour vous; car enfin, est-ce que vous croyez, par h:1s1rd, que l'outrage absolument immérité lancé sans aucune raison, sans au..:un prc:- texte, aux travailleurs de Paris ... (Protestations au centre et à gauche). M. LEMINISTRDEESFINANCE-S. Non ! 11011 ! M. MILLERAN-D. En fermant brutalement la Bourse du travail. .. M. u, PRtSIDENDTUCoNSElL-. Non, pas brutalement.
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