La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

216 LA REVUE SOCIALISTE dans toutes les discussions du conseil municipal. et puis, un beau jour, pa,ce qu'une idée a passé par la t2te d'un président du Conseil. .. M. LE PRfsro1:NTDUCONSEIi..- L'idée de la loi ! (Vives exclamations à l'extrème gauche.) M. MILLERAN-D. Monsieur le Président du Conseil, quand vous lirez au /011r11al oJJicid le compte rendu sténographique, vous verrez qu'au moment où vous quittiez la salle des séances, M. le garde des sceaux a reconnu formellement - et je pense qu'il est encore membre du Gouvernement et qu'il a le droit de parlc"r en son nom - que les non syndiqués comme les syndiqués, avaient le droit d'entrer à la Bourse du travail. M. LEGARDDEESSCEAUX-. Non ! non ! c'est absolument inexact! M. MILLERAN-D. Vous nous l'avez dit. M. LEGARDEDESCEAUX-. Vous m·avez mal compris. (Bruit 11 rextrèi:1e gauche.) M. M1LLERAN-D. Je connais trop la loyauté de M. Guérin pour admettre qu'il puisse y avoir ici une équivoque. M. LEGARDDEESSCEAUX-. Je n'ai pas tenu le langage que VOLIS me prêtez. M. MILLERAN-D. Alors qu'avez-vous dit? M. LEGARDDEESSCEAUX.-J'ai dit que le Gouvernement avait, en vertu des actes constitutifs de la Bourse du travail, le droit de la réglementer, et ce!, malgré la réglementation faite par le conseil munic.ipal de Paris. (Tr~s bien! très bien !) M. MILLERANADw. .c le préfet? M. LEGARDEDESSCEAUXP.arfaitement: avec le préfet. (Bruits à l'extrème gauche.) J'ajoute un mot, monsieur Millerand. Vous me paraissez confondre deux choses: la question de la légalité des syndicats, dont la justice est saisie, d la question de la fermeture de la Bourse du travail, qui est une mesure d'ordre et de police. (Applaudissements au centre.) Plusieurs membres à l'extrême gauche. - Et la loi! M. Mu.ERAND.- li ne faut pas d'équivoque et j'ajoute que je ne fais pas la moindre confusion. Puisqu'on m'oblige à revenir sur ce que j'ai dit, je k fais en deux mots. Il y a. en effet. deux questions distinctes, que j'ai eu soin de poser l'une apr~s l'autre. La première est celle de s:1voir si, en dehors de la loi de 1884, des associations ouvrières peuvent exister. Vous avez répondu oui. M. LE GARDEDESSCEAUX- . Chez elles! M. MILLERAN-D. Ne confondons pas les questions, je vous prie. La seconde question est celle de savoir si les associations ouvrières constituées en dehors de la loi de 1884 ont le droit d'ètre à la Bourse du tra vaiI établissement municipal. Je réponds à cette seconde question que depuis 1887, vous, Cou vernemen t, - car j'imagine que vo~1sne pouvez pas répudier la solidarité qui vous lie \'c:!C les ministres qui vous ont prJcédés ... (Exclamations au centre).

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