La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

214 LA REVUE SOCIAL.ISTE Je prends l'eng::igement de le prouver, et je commence 111adémonstr:1-- tion. M. GAR!<il:L. - C'est logique. rnomieur le président du conseil. On va vous cnfèrrner dans un dilemne. (Rirès et bruit). M. M:1LERAN-D. Tout.es les délibér::itions du conseil, approuvées par les r..:prés~ntanh du gouvernement qui ont présidé au fonctionnement de la Boursc du tr:ivail, qui ont terminé ce fonctionnement, toutes, entendez-le hien, d-;:puis 188.7, jusqu·en 18CJ2, toutes disent: La Bours~ du travail est ou verk aux cha 11b1res syndicales et :iux groupes corp:m1tifs. M. DcDIAS.- Régulièrement constitués. M. M1LLERAN-D. Non, monsieur Delmas, et je vais vous le prouver. Ql1and on disait les groupes corporatifs. on visait précisémei.t les assc-- ciations do:1t parlait tout i1 l'heure M. le garde des sceaux, les associations ouvrières qui se constituaient en dehors clè la loi de 1884. Les préoccupations clu conseil, vous allez le voir, étaient précisément de permettre aux ouvriers libres qui ne pouvaient pas entrer d;ins les syndicats de trouver place dans la Bourse du travail. (Très bien! très-bien ! à l'extrè111e-g1uche). M. MA~'JAN-. C'est là, en effet, le vùitable esprit de l'institution; c'est une protedion contre la tyrannie des 5yndic.1ts. M. M1LLE!lAN-D. En 1S8j. M. Ar111,111Ddesprés qui était encore conseiller municip:11.propose d'affecter à la Bourse du travail vingt garçons de bureau cic l'Hôtel-dè-Vi lle. « Ce seront. cl it-i 1, des machines qui devront obéissance :1ux groupes syndiqués ou non. » Et un membre de la droite du conseil municipal, qui y siège encore, M. Maurice Bi11Jer, :1v:111lte vote sur l'enscrnble du règlement de IJ. Bourse du travail, de:1iandait des explications sur l':nticle 1" qui lui semblait prèter 11 équivoque; et voici comment il s'exprimait? « li est et.:rtain que lorsque le conseil tout entier a créé la Bourse du tr:ivail, il a voulu venir en aide aux ouvriers en gé11ér:1lsans se préoccuper de· leur :1ffili:1t;on i1 telle ou telle chambre synJicale. Je ser:iis heureux de s:ivoir si b co111111issiod1u1 travail, en mettant des loc::iux /1 l::idisposition des syndi- (ats pour leurs assemblées, a entendu en exclure tous ceux qui ne font p:is partie des syndicats. « Tous les tr:ivaillcurs indistinctement. syndiqués ou non, doivent avoir les mêmes droits. » Je vois M. le garde des sceaux qui me fait un signe d'approb:i.tion. Mais enfin à quoi pense le ministère, et à quoi rime sa conduite? Comment! vous êtes d'accord :ivec moi pour dire que syndiqués ou 11011 ,loivent trouver abri dans la Bourse du travail, et le::; juin dernier vous prenez. un :irrêté que vous avez fait ::iffichcr d:ins la Bourse du travail et par lequel vous signifiez que tous ceux qui ne sont p:is syndiqués doivent franchir la porte de la Bourse du travail! (App!audiss:!ments :1 l'extr~nie-g:i.uche.) M. LE GARDEDESSCEAUX-. Voulez-vous me permettre un seul mot, monsieur Millerand. M. MILLERAN-D. Je vous en prie. M. LE GARDEDESSCEAUX-. [l est très e.uct. ainsi que VOU3 venez de l'ex-

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