La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA QUESTION SOCIALI: DE\' A~T LES CORPS l:LUS M. P1,YTRALm,inistre des financ..:s. - Pas :1 !"état du syndiG1t. M. MILLERAN-D. Monsicur le min istrc des finances, voulez-vous, j..: vou-.. prie, me dire ce que vous entcndc1. par cette expression : une :issociation ouvrière 11 l'état de syndicat I rofossionn<!l? Est-cc au titre? Mais dans le~ :tssociations ouvrières qui ont été it la Bourse du travail. dès l'origine, en 18 '7. au moment oü on en dressait la liste, je trouve à càtd des syndicat~ professionnels intitulés soit « syndicat >>, soit « union syndicale », soit « chambre syndicale », des associations qui prennent ce titre : « Société gtfnùale des ouvriers chapeliers »,«Société de sol id.trité des ouvriers et ouvrière~ de la reliure-dorure>>, et ml!me celui-ci qui appartient sans doute à des compatriotes de M. le président du conseil: « la Soupe au choux». (On rit.) M. LErR~s1D1:.NoTu coNSt!I.-- Ce sont de très braves gens; Cl! sont me~ électeurs. (On rit.) M. MILLERAN-D. Cc sont vos compatriotes; vous seriez m::il venu :1 n'en pas dire de bien. La Chambre a recueilli cette affimation de M. le ministre de la justice déclarant qu'il est permis aux ouvriers comme à tous les autres citoyens de se: constituer en dehors de la loi de 1884, d"en repousser les avantages et, par conséquent, de se dérober à ses obligations; de sorte qu'il peut y avoir 11 càt..: des syndicats profe sionnels des groupes corporatifs qui ne soient pas constitués sous la loi de 18 4. Voilà le premier point établi. J'arrive au second. Pourquoi le ministère a-t-il fait o.:cup<!rpar surpris;! la Bourse du tr:tvail ~ Pourquoi le ministère a-t-il chassé de la Bourse du travail les association~ qui s'y trouv:tient? Si j'ai bien compris M. le président du conseil, c'est parce que 1:1 Bourse du travail était un établissement municipal ne pouvant :ibriter que des syndicats professionnels se conform:int à la loi de 1884, et que les associations ouvrières constituées en dehors de cdte loi. :1 bon droit du reste. ainsi qut: vient de le reconnaitre M. le garde des sce:1ux, ne devaient pas s'y trouver. C'est bien ce qu'a dit M. le président du conseil ? (Plusieurs membres à gauche). Oui! oui ! M. MILLERAN-D. Eh bien, cette :1ffirn1ation est 111atériclle111enitn<!xacte; elle est contraire 11 tout cc qui a étd fait pour la Bourse du trav:iil. Ce n'est point une assertion; je ne viens point dire comme M. le président du conseil, en apportant ici des affirmations à la place de preuves: la Bourse du tr:ivail est constituée d;ins telles et telles conditions. M. LEPRÉSIDENoTu CoNsm. ,- j'ai apporté de, actes publics. (Bruit :1 l'cxtrème-gauche ). M. ANTIDEBoYER.-Vousn'avez pas voutu prouver ce que vous avez av:incé. Vous avez fait des phrases. M. MILLERAN-JDe. vous demande pardon d'entrer dans cette discussion. mais je crois qu'elle est utile. (P:1rlez ! parlez!) Je voudr::iis prouver. en effet, le plus froidement, mais le plus nettement possible, que dans cette :iffaire, la Bourse du travail n'a pas cessé d'ètrt: du côté de la loi de la légalité. (Exclamations :n1 centre).

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