La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA QUESTION SOCIALE DEV A:--:T LES CORPS ELUS 211 M. MILLERAN-D. Après avoir omis tout le reste! M. HENRIBRISSON-. Ah! oui; mais vos agents se sont chargés de le lui faire dépasser. Car, pour avoir donné des conseils de prudence aux personnes amassées le long de la porte de J"Hotel-Dieu, les agents l'ont saisi, entraine quatre ou cinq pas plus loin. et, El encore, il a fallu que les internes ou les externes qui veillai~nt sur leur m::iitr<:l!e délivr:issent des mains de votre police. (Bruit au centre.) M. Millerand·. - C'est un scand:ile ! M. PAUL DE CASSAGNA-C. Et ron 11·:1 pas :irrêté un incendiaire, pas un! M. HENRBI RISSON- . Enfin, à un autre moment encore, un agent ayant été blessé et porté au poste de IJ préfecture de police, deux internes, dont j'ai vu et interrogé l'un, MM. Sourdille et L:1ndowski, sont allés lui donner de~ soins; pendant quïls lui donnaient leurs soins. ils ont vu recommencer sou~ leurs yeux, sur une autre personne arr.;tée, cet ignoble procédé du passage :1 tabac, déshonorant pour un pays fier de sa civilisation. (Vifs applaudissement, à gauche et sur divers bancs à droite.) M. MAUJAN- . Vous avez raiso:i, 111onsieurBrisson, de flétrir à la tribune du Parle111entde pareils procédés. (Excla111ations au centre.) M. GusTAVERI\"ET.- Tout le monde ra vu, tous nos amis l'ont vu, d tou:- nos collègues du centre, qui n·appl:wdissent pas, l'ont vu comme nou~ ! M. H1,NRBIRISSON-. j'en dt'mande pardon à bie!l des amis qui m'avaient r::conté cet usage. qui m'en 'avaient affirmé l'existence! je n'avais pu mt: résoudre~ y ajouter foi. Il a fallu le témoignage de ces deux témoins oculaires. de ces deux internes de l'Hotel-Dieu. dévoués ég:dement aux blessés dt: l'émeute et aux blessés de l'ordre, pour que je pusse croire des agents de la force publique c::ipables de frapper un ho111meréduit '.1lïmpuissancc. Je vou~ demande, monsieur le président du conseil. vous qui co:111::iisseznon pas se11lement les deux faits que je viens de r::iconter, mais probable111ent, soit pendant les derniers troubles, soit en te.11ps ordin::iire, ci1h1uante ou soixante fait-- semblables. je vous demande c.: que vous comptez faire pour y mettre un terme. (Vifs :ipplaudissements :1g:rnd1c et sur plusieurs b::incs:, droite). M. PICHON-. Les tribun:iux .:ond:imneront les vidimes - cela arriVL' tous les jours - et l'on décorera les agents! M. HEi-:RBRISSON-V. oilà les faitsqui m'ont amen~/1 unétatd·cspritoùjt: n\\tais pas encore :ivant-hier matin et qui m·ont conduit :1 prendre un p:irti dont je ne 1l1edissimule pas b gravit<!, m:iis que je ne regrette point. (Tr~:- bien! très bien ! n l'extr~me gauche.) Dans tous ces faits, je trouve l'indice d'une situ:ition qui doit vous intéresser tous, messieurs, s:ins exception, et qui mï:1quiete vive111ent. 'c pense, monsieur le ministre, non seulement. bien ente:1du, que vous n'ète~ J'Ourrien dans les ordres ou les habitudes qui ont pu amener des faits pareils; mais je pense encore, hélas! que la conduite de votre police, qui me p:irait stylée en dehors de vous à toutes les besognes, vous échappe. (Applaudissements sur divers ban.:s il droite et à l'exf.·ème gauche.) Et alors, qui donc la dirige? Cherchet-le ! (Interruptions au centre.) Un membre à l'extrémité gauche de la salle. - C'est Constans!

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