La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

210 LA REVUE SOCIALISTE t:tt odieux. j'espère que M. le ministre prendra des mesures pour que de pareils f.1its ne se reproduisent pas. C'est indigne de la Civilisation! (Applaudissements). M. HENRBI R1ssoN. - ~1clqucs instants plus tard, les internes n'étant plu, à cette fenètre, d~s sifflets se font entendre sur la place; alors se prcc1pite d:rns ]'Hotel-Dieu, M. Dhers, commissaire de police, suivi de plusieurs age:1ts... M. DELMAS-. On a déj:1 raconté tout cela. (Excbmations 11 l'extr~rnegauche). M. H~NRIBRISSON- . Oui! M. le ministre de l'intérieur ra raconté il y :i un instant ... M. MILLERAN-D. A sa façon! M. LEPRÉSIDENoTu CONSEIL-. Je n'ai rien atténué. M. PAULDECASSAGNA-C. Vons avez tout nié après avoir tout ordonné. 1\1. HENRBI R1ssoN-. Vous avez beaucoup atténué et vous avez. beaucoup omis, monsieur le président du conseil. Pendant cdtc irruption, les agents de M. Dhers ont mis la main à l:t gorge des inÎlrmicrs de ]'Hotel-Dieu. M. M:LLERAtm- . Voilà ce que le ministre n'avait pas dit. l\\. H1,NRB1RISSON- . Car en dis:rnt que tout s'est passé au rez-de-chaussée et que, par conséquent, rien ne pouvait être gr:ive, parce qu'il n'y a de malades qu':iux ét:igcs supérieurs, vous avez •oublié, monsieur le président du conseil, quc dans tout hopi ta], i 1 y a juste à l'entrée, au rez-de-chaussée, cc qu'on appelle la salle d'attente des malades et que là précisément se tiennent constamment des infirmiers, surtoutldans les jours de troubles, 1t la disposition des malades et des blesst::sque l'on peut amener. Le personnel de lï1opital a clone été s:iisi, violenté, poursuivi jusquc dans les couloirs et dans la cour. Cest en voy:int ce spectacle que les intcrne:- des di vers services sont descend us. 11 s ont été à leur tour col letés, maltraités, et cc n'est p:is sur l'intervention immédiate de M. Lozé que M. Dhers s'est retiré, m:iis aussi sur l'intervention vigoureuse de ces internes, l'honneur de ce corps medic:il de P:iris qui. à son dévouement s:ins limites pour les malades (Vif:- applauclissements sur un grand nombre de bancs) joint des sentiments chevaleresques qui le met :tu-dessus des allégations des hommes de police! (Nouveaux applaudissements.) M. P1cHON-. C'est la police qu'on croit! M. HENRIBRISSON- . Voilà le premier fait. (Rumeurs au centre.) M. PIERRER1cHARD-. C'est une honte! M. LEPRLSIDEN-T. Monsieur Pierre Richard, je vous rappelle 11 l'ordre. M. HENRBI RISSON- . Un peu plus tard encore, M. le docteur Villejean, se préoccupant, comme l'a dit M. le président du conseil, cl'asst;rer la sécurité extérieure de !'Hotel-Dieu, cherchait à écarter des personnes qui se trouvaient le long du mur de l'hopital; il était resté, lui, sur le pas de la porte, il ne l'avait pas dépassée. M. LEPRÉSIDENDTUCoNSEIL-. Je l'ai dit aussi.

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