La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE rapide. Je le leur fis observer; immédiatement dix ou douze de ces agents dégainèrent et nous frappèrent partout où leurs cotips purent nous rencontrer.» M. "n1:B. AUDRoY'AssoN. - C'est ignoble. M, JouRDE (s'adressant au centre de l'Assemblée). donc! Ap.plaudisscL M. CAMILLDEREYFUS-. Est-ce qu..: cela ne s'appelle pas une tent:itivc d"assassinat. M. HENRIBRISSON- . j'ai vu, messieurs, de mes yeux vu, les blessures, !es linges t:ichés de sang (Interruptions au centre), toutes les traces de la lutte qui s'est livrée, ou plutôt, car est-ce qu'il peut y avoir une lutte entre trente hommes armés et deux qui ne le sont pas? - toutes les traces de violences exercées sur les deux personnes dont je parle; j'ai demandé ;1 ces malheureux de me faire un récit écrit de ce qu'ils venaient de me dire. Sans doute, ils ont eu peur: ce récit, ils ne me l'ont pas envoyé. (Ah ! ah! au centre); mais attendez! le patron de l'un d'eux m'a adressé une lettre où il raconte les faits, et qu'il m'a prié de lire d'abord avant de la faire parvenir à M. le président du conseil, ministre de l'intérieur. Je prie l'un de MM. les huissiers de remettre la lettre, que voici, entre les mains de M. le président du conseil. (Un huissier remet la lettre à M. le président du conseil). Mais comment avez-vous pu vous en tirer? ai-je demandé aux victimes. - Oh! m'ont-elles répondu, 11 un moment donné, les hommes qui nou~ avaient assaillis et qui nous ont mis dans l'état que vous voyez ont disparu, et nous avons vu à leur place un monsieur très bien mis, couvert d'un chapeau haut de forme qui s'est écrié: « Filez vite, c'est une erreur! » (Exclamations.) Je vous rapporte le fait. M. MILLERAN-D. Il en a été ainsi dans tous les quartiers. M. HENRIBRISSON- . Si ·vous pensez qu'il n'y a pas dans ces agressions de quoi émouvoir la population, de quoi (aire réfléchir ie Gouvernement, de quoi lui demander d'autres déclarations que celles que nous avons entendues jusqu'ici, je me demande cc qu'il vous faut. (Très bien! très bien! à gauche). Mais, attendez! Après cette visite, j'ai voulu connaitre exactement par moi-même les faits de l'Hôtel-DietL Je me suis rendu à cet établissement, .et comme j'arrivais j'ai rencontré devant la porte un médecin des hôpitaux, ou tout :iu moins un médecin attaché à un établissement public. Je vais le nommer, je sais qu'il a raconté le fait hier, dans une réunion de la presse médicale. je ne commets donc pas une indiscrétion; c'est M. Valude, médecin attaché à l'établissement des Qyinze-Vingts. Je lui r:icontais le fait, qui venait d'être porté à ma connaissance, de gens inoffensifs, isolés, en dehors de toute bagarre et attaqués par la police. (A l'extrême-g:wche) Oui! oui! c'est cela. M. GusTAv:.:R1vET.- Voilà ce qui est intolérable. M. HENRIBRISSON-. M. Valude n'est pas un révolutionnaire, tant s'en faut! li me répon~l: « Vous en ètes encore là :i. rechercher des faits i1areils? j'en ai vingt à vous raconter, !>i vous le désirez. » (Très bien! très bien! à l'extrême-gauche).

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