LA l{EVUE SOCIALISTE mèmes effets. C'est cette notion qui nous a permis de comprendre le fait de la reproduction de la vie, le développement des aptitudes héréditaires. la manifestation des instincts, l'apparition et l'organisation de la sensibilité. C'est encore sur cette même loi que nous devons nous baser pour comprendre les vraies conditions de l'éYolution et de l'organisation sociales. En effet, nous ,·oyons les sociétés demeurer stationnaires, rester les mêmes. par suite de la persistance des mèmes conditions, tant que le facteur humain n'intervient pas pour les modifier, soit par une invention industrielle, soit par une nouvelle appropriation des forces naturelles. soit par l'entrée en jeu d'une nouvelle conception des choses de la vie ou des rapports entre les hommes. Par conséquent c'est à modifier le facteur humain que nous de\'ons aussi nous appliquer. si nous voulons réaliser des tranformations réelles etfecti\'es dans notre vie sociale. C'est ce qu'à fort bien compris Benoît Malon dans son grandiose Socinlis111c intrgral. C'est insuffisamment comprendre le socialisme que de le réduire à une forme économique: la question .sociale actuelle n'est pas seulement une question capitaliste ou une question de salaires. c'est aussi une question mentale morale. La vraie cause de notre crise actuelle est dans l'opposition croiss:rnte entre notre vieille conception rnutinière et stérile des choses et l'essor prodigieux provoqué par l'invasion de l'esprit scientifique d'où est sortie l'industrie moderne. Au lieu de nous attarder à nier l'évidence. sachons voir les choses telles qu'elles sont. Il ne s'agit ni de nier. ni de rejeter le progrès moderne: ce qu'il faut, c·est faire profiter chacun de b contribution qu'il apporte à ce progrès. Voilà pourquoi nous craignons l'impuissance des meilleurs programmes tant que nous n'aurons pas modifié notre mentalité par l'infiltration du sens social. tant que nous ne serons pas arri\'és à comprend"e notre mutuelle dépendance les uns des autres, l'universelle répeïcussion des phénomènes soci2ux, tant, en un mot. que nous ne sentirons pas que nous sommes. en mème temps, les effets et les causes de notre état social. et que, par conséquent, nous sommes nous-mêmes la propre cause de nos maux comme de notre bien. " Nous vivons de mensonges et de contradictions : nous ne semblons pas plus comprendre l'importance et l'intérêt de notre vie sociale que de notre santé. C'est à croire que nous ne profitons de notre intelligence que pour nous faire du mal. Au lieu de nous laisser vivre tranquillement et de prendre le temps de goûter les charmes et les jouissances de la vie, nous bnî Ions et en fièvrons notre existence, nous nous fatiguons et nous nous blasons de tout ; au lieu de nous aider et :e nous soutenir les uns les autres pour nous rendre la vie plus facile e· .• plus agréable, nous ne cherchons qu'à nous mettre des entraves, à nous créer des ennuis, comme si la première condition d'un plaisir ou d'un bonheur n'était pas d'être part<lgé pour ètre réel et complet.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==