La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

Qu'1:sT-CE QliE I.E Sl~CIALiS.V.E? 1 ' ) e!Ticicnte du phéno111ène que nous lui attribuons, mais ::.~uL1'.~:.!1..t:on~n~c k rapport le plus constant, le plus adéquat qu~ nous puissions constater entre les conditions des phénomencs en question. Pa, ..:onséquent, lors mème que la fameuse loi historique. chère al!x Allemands hégéliens et 111arxistes, serait l'expression adéquate d~s rapports de séquence entre les phénomènes sociaux. alors mème qus::la capitalisa I io11 nous apparajtrait comme la caractéristique. la conséquence et le danger par excellence de notre civilisation industrialiste. nous ne devons pas confondre cette systématisation de notre esprit avec la cause réelle. effective, exclusive de la crise sociale dont nous agonisons en ce moment. Ce sont là des procédés de la dialectique scolastique aYec lesquels il est facile d'établir des théories brillantes sur un raisonnemènt serré. logique, profond; mais nous ne de,·ons pas nous en laisser imposer par cette apparence trompeuse. La crise sociale que nous tran~r- ~ons. la lutte deintérèts à laquelle nous assistons. les re,·endications qui s'élevent du sein des opprimés. constituent bien ce qu'on appelle actuellement le socialisme. mais ce socialisme n'est pas seul~- ment la conséquence de notre i·égime économique capitaliste. il tst aussi la résultante et la manifestation de la tendance socialiste de l"é,·clution contemporaine, intellectuelle et morale. 11 ne faut, en effet, confondre le socialisme ni a,·ec la question sociale, ni avec les doctrines et théories socialistes. La question sociale est inhérente à chaque civilisation dont elle manifeste les défauts et les imperfections en se révélant par les souffrances individuelles et les crises ou révolutions sociales. Le socialisme est la tendanc~ solidarisante inhérente à toute société animale ou humaine. Les doctrines et théories socialistes sont les essais de conception des lois de l'évolution sociale et des moyens, basés sur ces conceptions. considérés et proposés comme capables d'atténuer ou d'empêcher les misères et les souffrances sociales de toutes sortes qu'engendrent les imperfections de nos sociétés les plus ci,·ilisées. Nous commençons à comprendre que pour soigner un malade, il faut avoir étudié la médecine, mais nous oublions trop souvent que les questions sociales ne peuvent être jugées et approfondies qu'en se basant sur les données de la science sociale ( 1). otre vieille conception mystique des choses de la vie, nous voil~ encore la saine compréhension du déterminisme des phénomènes sociaux. Nous ne voyons pas que pour comprendre notre état social et trouver les moyens de combattre nos innombrables maux. il faut commencer par acquérir l'esprit, par pénétrer le sens des choses sociales. ( 1) Lire dans la Scieuce socinlc, par H. Sprnccr. Alglavc. La Nécc,,ité et la Nature • de la Science sociale.

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